Metro réduira sa dette grâce à la cession de Kaufhof à Hudson’s Bay
Après des mois de rumeurs, Metro va céder ses grands magasins Kaufhof au canadien Hudson’s Bay Company (HBC) pour une valeur d’entreprise de 2,83 milliards d’euros.
Le prix de cession «fait ressortir une valeur d’entreprise (VE) sur Ebit de 17 fois, ratio qui peut sembler élevé, mais qu’il faut pondérer de la valeur immobilière détenue par Kaufhof, estimée à près de 1 milliard d’euros, note Oddo. Hors immobilier, la VE sur Ebit ressort à 11 fois, en ligne avec la valorisation actuelle de Metro». Raymond James valorisait Kaufhof sur un multiple valeur d’entreprise sur Ebitda de 7 fois, soit 2,1 milliards d’euros, tandis que Natixis estimait ces grands magasins à 2,37 milliards, en ligne avec le consensus de 2,3 milliards. Toutefois certains acteurs espéraient jusqu’à 3 milliards. Aussi, le marché a accueilli cette opération par une baisse de 4,66% du titre Metro, déçu également de l’absence de retour aux actionnaires.
Le groupe allemand, qui se recentre sur ses activités de cash & carry et d’électronique grand public, préfère réduire sa dette et investir dans de nouveaux pays. Metro diminuera sa dette nette de 2,7 milliards d’euros, et anticipe un effet positif d’environ 700 millions d’euros sur son résultat d’exploitation. Le ratio dette nette sur Ebitda pourrait ainsi passer de 2 fois à 1,2 fois, selon Raymond James. Toutefois, «Kaufhof offrait une bonne visibilité, une contribution récurrente à l’Ebit du groupe et une forte génération de cash flow», note la Société Générale, craignant que cette cession dégrade le profil de risque de Metro. Kaufhof pèse environ 5% des ventes et 10% du résultat d’exploitation récurrent de Metro.
Olaf Koch, le président du directoire de Metro, a retenu l’offre de HBC, en raison de ses engagements de maintien de l’emploi et du nombre de magasins. Le siège de Kaufhof restera à Cologne, et l’équipe de direction restera en place, a assuré HBC.
Grâce à cette acquisition (103 Galeria Kaufhof en Allemagne, 16 magasins Sportarena, et 16 Inno en Belgique), HBC dégagera 9 milliards d’euros de chiffre d’affaires (44% aux Etats-Unis, 31% en Allemagne, 23% au Canada et 2% en Belgique) à travers ses 464 grands magasins.
HBC financera principalement ce rachat par la vente de 40 magasins Kaufhof à une coentreprise créée cette année avec Simon Property Group. Il a été conseillé par BofA Merrill Lynch, et Metro par JPMorgan et Deutsche Bank.
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New York - Meta a annoncé jeudi en interne le licenciement de 8.000 personnes, soit environ 10% de ses effectifs, ainsi que la suppression de 6.000 postes actuellement non pourvus, a indiqué à l’AFP une source proche du dossier. Dans un mémo, la responsable des ressources humaines, Janelle Gale, a justifié cette décision par la volonté de «gérer l’entreprise plus efficacement et de compenser les investissements» du groupe, engagé dans une course effrénée à l’intelligence artificielle (IA). Meta comptait 78.865 employés fin décembre, selon des documents transmis au régulateur américain des marchés, la SEC. Fin 2022, la maison mère des réseaux sociaux Facebook et Instagram avait lancé un premier plan social portant sur 11.000 postes, avant un second, en mars 2023, incluant 10.000 personnes supplémentaires. Entre fin 2023 et fin 2025, les effectifs de Meta ont cru de plus de 11.000 salariés, en net. Même si l’IA n’a pas été mis en avant pour contextualiser la contraction annoncée jeudi, fin janvier, le PDG Mark Zuckerberg avait fait un lien direct entre cette technologie et des économies de coûts. «Des projets qui auparavant auraient nécessité de grosses équipes sont maintenant menés à bien par une seule personne de grand talent», avait-il affirmé. En conséquence, «nous parions sur les contributions individuelles et réduisons la taille des équipes». Dans le même temps, Meta dépense des sommes colossales dans le développement et l’utilisation de l’IA. L’entreprise de Menlo Park (Californie) prévoit ainsi d’investir entre 115 et 135 milliards de dollars en 2026, en grande partie pour s’assurer de capacités suffisantes pour l’IA, des puces aux centres de données. Fin février, Meta a fait état d’un accord avec l’américain AMD portant sur l’achat de millions de puces, pour au moins 60 milliards de dollars. Quelques minutes après la diffusion de la nouvelle, l’action Meta abandonnait près de 3% à la Bourse de New York. © Agence France-Presse