LVMH se positionne en interlocuteur incontournable chez Hermès
Après des années de rumeur, et après avoir laissé filtrer par le passé son intérêt pour les plus belles perles du luxe, à la notoriété internationale, comme Cartier, Rolex, Chanel ou Hermès, LVMH a pris pied chez Hermès.
Avec bientôt 17,1% du capital du sellier, LVMH «se pose clairement comme un élément incontournable de toute recomposition du capital d’Hermès et le temps jouera en sa faveur au fur et à mesure d’éventuelles cessions par des actionnaires familiaux… mais à quel prix», note Raymond James. Au cours actuel, le débours serait de plus de 17 milliards d’euros pour le solde du capital. Pour certains, cette possibilité relance la spéculation sur la vente de Moët-Hennessy, valorisé à «8,5 milliards d’euros pour les 66% dans notre somme des parties», ajoute Raymond James, tout en ne souscrivant pas à cette hypothèse en raison de la faible dette de LVMH, avec un gearing de 20% fin 2009.
Que peut-il maintenant arriver? «Soit certains membres de la famille décident de céder dans un avenir proche leurs titres à LVMH ce qui augmentera son cours moyen, soit nous entrons dans une longue période d’attente et d’incertitude», note Aurel. «L’opération doit s’appréhender sur le très long terme, les actionnaires familiaux restent visiblement dans leur majorité soudés», poursuit Oddo. Les actionnaires familiaux, qui détiennent 75% du capital, ont semé le doute en confirmant dimanche qu’aucun projet de cession «significative» de capital n’était envisagé, laissant subodorer le désir de sortie de l’un ou l’autre membre de la famille. Hermès n’était pas joignable pour préciser le sens de ce terme. Lundi, la famille a confirmé «sa parfaite unité et sa volonté unanime de maintenir dans le long terme son contrôle».
Si dimanche, Hermès semblait ménager le géant du luxe en déclarant avoir «toujours eu et entend toujours avoir le plus grand respect pour ses actionnaires», le groupe n’hésitait pas à parler lundi de «mouvements non sollicités sur le capital». LVMH «n’envisage nullement, ni de présenter une offre publique d’achat, ni de prendre le contrôle d’Hermès, ni de solliciter de représentation au sein du conseil de surveillance», mais le ton semble monter entre les deux géants du luxe. Quoi qu’il en soit, Bernard Arnault doit rencontrer dès cette semaine le management et les actionnaires familiaux d’Hermès.
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