Londres compte mener jusqu'à son terme la privatisation de Royal Mail

L’opération, contestée par les syndicats, doit se dérouler dans les prochaines semaines. Il s’agit de la quatrième tentative en près de vingt ans
Antoine Duroyon

Londres promet de tenir bon. Malgré la grogne qui monte parmi les syndicats, le gouvernement entend mener à bien l’introduction en Bourse de Royal Mail, le service postal britannique (qui ne comprend plus depuis avril 2012 le réseau domestique d’agences). L’opération doit intervenir dans les prochaines semaines. Selon les analystes, cette mise sur le marché pourrait valoriser l’activité jusqu’à 3 milliards de livres (3,56 milliards d’euros).

Le gouvernement, conseillé par Lazard, prévoit d’ouvrir une majorité du capital même si la taille définitive dépendra des conditions de marché. Pour minimiser les risques de rejet, plusieurs mesures ont été décidées : 10% des titres émis seront attribués aux 125.000 salariés de Royal Mail, soit environ 2.000 livres chacun sur la base d’une valorisation de 3 milliards de livres.

En outre, les salariés n’auront qu’un seuil minimum de 500 livres à respecter s’ils veulent acquérir des titres supplémentaires, contre 750 livres pour les particuliers. Aux investisseurs, l’Etat britannique promet le versement en juillet 2014 d’un dividende de 133 millions de livres.

Afin de rendre la mariée plus présentable, de nouvelles facilités de crédit d’un montant de 1,4 milliard de livres (un prêt à terme de 600 millions de livres et un crédit revolving de 800 millions) ont été souscrites auprès d’un syndicat bancaire. Conditionnées à l’IPO, elles viendront remplacer les prêts existants du gouvernement et entraîneront «une réduction importante du coût total de la dette du groupe», souligne un communiqué. Royal Mail paie actuellement un taux moyen de 8,8%.

Dans une note, ETX capital estime que les détails de ces facilités de crédit apaiseront les craintes, alors que la menace d’une grève se renforce. «Nous nous attendons à ce que l’opération soit mise à prix de manière attractive par le gouvernement afin d’attirer la demande permettant de pouvoir qualifier cette IPO de succès», ajoute Joe Rundle, responsable du trading.

Moya Greene, la directrice générale de Royal Mail, assure vouloir parvenir à une société «revitalisée». Elle estime en particulier que la combinaison d’une présence au Royaume-Uni et de l’activité colis paneuropéenne GLS «devrait se traduire par un profil financier qui unit la croissance des revenus et la progression des marges pour soutenir une solide génération de cash flow».

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