L’expérience américaine d’Olivier Brandicourt sera un atout à la tête de Sanofi
Cinq mois après le départ abrupt de Chris Viehbacher, Olivier Brandicourt s’installera le 2 avril prochain dans le fauteuil de directeur général de Sanofi. Agé de 59 ans, l’ancien responsable de la division santé de Bayer «semble cocher beaucoup de cases dans la check-list de Serge Weinberg (président du groupe, ndlr)», écrivent les analystes d’Oddo Securities qui identifient plusieurs atouts.
D’abord, Olivier Brandicourt est français, ce qui va contribuer à le différencier d’entrée de jeu de son prédécesseur germano-canadien, critiqué pour son style de management et son installation à Boston. Ensuite, Olivier Brandicourt «a l’expérience du portefeuille d’activités que nous détenons», a souligné Serge Weinberg. «Il sera beaucoup question de lancements, pas seulement en 2015». D’ici à 2020, Sanofi prévoit d’introduire pas moins de 18 nouveaux produits, avec des revenus cumulés estimés à 30 milliards d’euros sur cinq ans. «Les Etats-Unis (34% du chiffre d’affaires en 2014, ndlr) figurent en très haute position sur la liste des priorités», a ajouté le président. Le nouveau directeur général connaît bien cette zone géographique puisqu’il a passé une partie de sa carrière chez Pfizer où il a eu en charge les produits matures et les marchés émergents. Dans ce cadre, il a notamment participé au lancement du traitement de l’anticholestérol Lipitor, reconnu dans l’industrie comme un véritable «blockbuster».
Une expérience qui devrait lui être utile, alors que Sanofi prépare la mise sur le marché de Praluent, destiné au traitement des patients atteints d’hypercholestérolémie. Le groupe attend un feu vert des autorités américaines d’ici juillet, ce qui devrait lui permettre de l’avance sur son concurrent Amgen. «Par ailleurs, Olivier Brandicourt, médecin de formation, est un spécialiste des maladies tropicales, ce qui devrait s’avérer un atout lors du futur lancement (fin 2015) du vaccin contre la Dengue», anticipent les analystes d’Oddo.
L’arrivée d’Olivier Brandicourt ne devrait pas enclencher de révolution pour le groupe français, conclut Oddo. Serge Weinberg attend toutefois que le groupe soit «un peu plus proactif» que par le passé pour saisir des opportunités de croissance externe, tout en restant «discipliné».
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