L’Etat va devoir arbitrer pour la restructuration d’Areva
Une réunion au sommet présidée par François Hollande devrait clarifier dans les prochains jours le dossier Areva. Les discussions menées ces dernières semaines entre le groupe de nucléaire et EDF, assistés d’une nuée de conseils, n’ont pas permis de dégager une position ferme et partagée.
D’un côté, Philippe Varin, le président d’Areva, et son directeur général, Philippe Knoche, militent pour une solution préservant au maximum le périmètre actuel du groupe. Son option de prédilection: la reprise par EDF des activités d’ingénierie des réacteurs. Mais les deux groupes, qui ont souvent eu des relations de clients-fournisseurs compliquées par le passé, ne sont pas d’accord sur le prix. EDF proposerait 280 à 300 millions d’euros alors qu’Areva en voudrait 1 milliard, indique Reuters.
De l’autre côté, le scénario poussé par l’Etat est plus radical. Le producteur d’électricité reprendrait l’intégralité d’Areva NP, l’activité de réacteurs d’Areva, y compris leur fabrication. Logée dans une filiale à part, la société pourrait continuer à travailler pour d’autres clients qu’EDF. Des partenaires étrangers pourraient entrer à son capital. Le chinois CNNC s’est déjà ouvertement déclaré candidat à un partenariat avec Areva. Mais là encore, les discussions butent sur le prix d’autant que l’ordre de grandeur n’est pas le même que pour la seule activité d’ingénierie. Areva NP est valorisé entre 2 et 3 milliards d’euros. EDF se plaindrait de ne pas avoir accès à toute la documentation nécessaire pour se faire une idée précise de la valeur des actifs. Areva s’est engagé à présenter d’ici à fin juillet son plan de financement pour la période 2015-2017. Le groupe a indiqué qu’il inclura «des partenariats comportant un volet financier» et un renforcement de ses fonds propres pouvant passer par une augmentation de capital.
Le volet social a été précisé jeudi dernier. Le groupe va supprimer entre 5.000 et 6.000 postes au niveau mondial sur trois ans, dont 3.000 à 4.000 en France, a indiqué François Nogué, le directeur des ressources humaines d’Areva. L’objectif est de réduire les frais de personnel de 15% en France et de 18% au niveau mondial sur la période. Selon le directeur des ressources humaines, la masse salariale s'élève à 3,4 milliards d’euros au niveau mondial, dont 2,4 milliards en France.
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