Les sociétés doivent s’atteler dès maintenant au passage à IFRS 15 en 2017
Pour la première fois, l’IASB pour les IFRS et le FASB pour les US GAAP proposent une norme comptable mondiale. Sur le chiffre d’affaires. IFRS 15 traite précisément des «produits des contrats avec les clients», excepté les contrats de location, d’assurance, et les instruments financiers. Cette norme entrera en vigueur le 1er janvier 2017, sous réserve de l’adoption par l’Union européenne.
Tandis que cette norme pourrait changer sensiblement le chiffre d’affaires, en particulier dans le secteur des télécoms (où le chiffre d’affaires peut couvrir vente du terminal et contrat de communication), lors d’une conférence de l’association de gestion financière, IMA France, Olivia Larmaraud, directrice des normes comptables chez PSA, invite les entreprises à étudier rapidement les 350 pages d’IFRS 15, à faire un état des lieux spécifique à l’entreprise, à échanger avec les autres acteurs du secteur et à adapter les systèmes d’information. Les enjeux de communication financière, en interne comme en externe, sont particulièrement importants, ce changement de norme pouvant influer sur les indicateurs clés de l’entreprise, sur les incentives des collaborateurs basés sur le chiffre d’affaires, et aussi sur le respect des covenants.
Ce texte pose le principe fondamental de comptabilisation s’il y a transfert à un client du contrôle d’un bien ou d’un service pour le montant auquel le vendeur s’attend à avoir droit, explique Eric Dard, directeur chez Deloitte. Cinq étapes sont nécessaires pour définir les contrats rentrant dans le champ d’application. D’abord, l’identification du contrat, qui nécessite l’approbation des parties, une substance commerciale, des droits et obligations exécutoires, des conditions de paiement et une probabilité de recouvrement. Puis, l’identification d’obligations de performance distinctes; ce qui peut poser des problèmes d’interprétation dans des secteurs comme les logiciels, la pharmacie ou la construction pour distinguer les différents biens et services du contrat.
Ensuite, le montant de la transaction doit être déterminé, notamment en tenant compte des contreparties variables (pénalités de retard, rabais…) et en nature. Puis le prix doit être alloué aux différentes obligations de performance.
Enfin, les produits sont comptabilisés au moment du transfert du contrôle, ou au fur et à mesure si le transfert du contrôle est continu comme pour une construction sur le terrain du client.
Plus d'articles du même thème
-
Les banques gèrent tranquillement leurs anciennes dettes subordonnées
L’Autorité bancaire européenne (EBA) a considéré fin février qu’elle avait mené à bien sa mission d’accompagnement et de suivi de l’extinction des dettes subordonnées historiques («legacy»), émises avant 2013 et Bâle 3. De quoi permettre aux établissements de crédit de conserver quelque peu les rares titres aux coupons encore avantageux pour eux. -
La tentative de régulation mondiale de l'IA souffre de grands absents
Les dirigeants de 22 pays ont signé une déclaration commune en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, dans laquelle ils préconisent l'adoption de mesures de sécurité contraignantes face à la course effrénée de l'IA. Les Etats-Unis, la Chine et la France font figure de grands absents. Plusieurs incidents ont pourtant révélé les failles de sécurité d’un secteur où la montée en puissance des modèles s’accélère. -
L’Argentine paye la facture cachée de la lutte contre l’hyperinflation
La thérapie de choc menée par Javier Milei face aux déséquilibres qui s’étaient accumulés dans l’économie est saluée pour ses résultats. Mais cet ajustement peine à se transmettre à l’économie réelle à cause d’un endettement élevé des ménages. La méthode plus mesurée engagée par la Turquie a été moins défavorable.
ETF à la Une
Le marché européen des ETF a d’ores et déjà collecté plus qu’en 2025
- La Société Générale aura du mal à contenter tout le monde avec son nouveau plan
- Le plan stratégique de la Société Générale fait la part belle à la réduction des coûts et à la croissance
- La coûteuse ardoise de la frilosité des épargnants français
- Les banques ne seront pas désintermédiées, elles seront tokenisées
- La Fed sort de l'ambiguïté en remontant ses taux
Contenu de nos partenaires
-
Sous-titresDonald Trump et l'ONU : la stratégie de l'amour-haine
Malgré sa rhétorique anti-multilatéraliste et ses coupes budgétaires, le président n'a pas encore tiré un trait sur les Nations unies -
Gestion de criseCarburants : le goutte-à-goutte de Lecornu
Le Premier ministre s'en tient à la stratégie éprouvée depuis mars malgré la pression. Mais l'argument de la dette qui empêche un geste plus large tiendra-t-il longtemps ? La décision de l'Allemagne de baisser ses taxes isole la France -
La Fabrique de l'OpinionLéon XIV en France : « Le plus important n’est pas que le pape soit admiré, mais qu’il soit écouté »
Le voyage du pape en France, qui s'annonce hors normes en termes d'affluence, intervient en pleine campagne présidentielle, et peu après la légalisation de l'aide à mourir, à laquelle l'Eglise est profondément opposée. Mgr Matthieu Rougé décrypte les enjeux et les attentes qui entourent cette visite.