Les services pétroliers s’adaptent à la chute du prix du brut
Halliburton a trouvé les mots pour convaincre Baker Hugues. Malgré des discussions préliminaires tendues, les deux groupes de services pétroliers, numéro deux et trois mondiaux, vont se rapprocher. Selon l’accord dévoilé hier, Halliburton va racheter Baker Hugues pour un montant de 34,6 milliards de dollars, payé en numéraire et en titres. Ensemble, les deux américains espèrent pouvoir mieux répondre à la concurrence du numéro un absolu, Schlumberger.
Ce rapprochement doit encore obtenir le feu vert des autorités de la concurrence, ce qui pourrait nécessiter d’importantes concessions. Mais il marque, selon de nombreux analystes, le début d’un mouvement de concentration plus large du secteur, dans un contexte de forte baisse des prix du pétrole. «La plupart des sous-segments des services pétroliers ont besoin de se consolider pour protéger leurs marges», indiquent les analystes de la Société Générale. «Nous voyons de profondes motivations à une concentration en période de contraction du marché: effacer des coûts, réduire les capacité et éliminer la concurrence»», appuient ceux d’Exane BNP Paribas.
Avec un prix du baril de 88 dollars estimé pour le quatrième trimestre 2014 et une moyenne de 91 dollars pour 2015, la Société Générale prévoit une quasi-stagnation des investissements en exploration-production en 2014 (+1,1%) et un repli de 2% en 2015, avant un rebond de 1,2% en 2016. «Mais une très forte incertitude demeure», reconnaissent les analystes. En cas de nouvelle baisse des prix du pétrole, les investissements pourraient se contracter encore plus. Lors de la récession de 2009, ils avaient baissé de 8,7%.
Si le secteur est relativement bien représenté en Europe, Baker-Hugues et Halliburton comptent toutefois peu de comparables européens, expliquent les analystes d’Exane BNP Paribas. Les groupes européens sont plus concentrés sur l’ingénierie ou les services en surface. Néanmoins, afin d’élargir leur palette de services et mieux traverser les périodes de contraction des investissements, à l’image de ce qu’un groupe diversifié comme Technip peut faire, des rapprochements entre différents spécialistes sont envisageables. «En Europe, CGG, Petrofac et Subsea 7» sont les «cibles les plus crédibles» selon Natixis, alors que «dans les tubes, Shoeller Bleckmann est une proie idéale».
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