Les rachats obligataires devraient prendre de l’ampleur en Europe
Les rachats obligataires de la part de grandes entreprises se sont multipliés au cours des dernières semaines en France, avec sur le seul mois de juin des offres lancées par Lagardère, Veolia Environnement ou Carrefour pour un montant cumulé proche de 2,3 milliards d’euros. «Compte tenu du rendement très faible des actifs monétaires, l’annulation d’une souche obligataire permet d’utiliser une trésorerie au rendement nul pour diminuer le coût de la dette et d’optimiser la gestion de cash de l’entreprise», indique à l’Agefi Thibault Prébay, directeur de la gestion taux de Quilvest Gestion.
«Elle peut également servir à supprimer des garanties initialement accordées aux porteurs obligataires mais qui limitent la marge de manœuvre stratégique de l’entreprise», ajoute celui-ci. C’est le cas d’Alcatel-Lucent qui a racheté le mois dernier 441 millions d’euros provenant de souches à échéance 2014, 2015 et 2016. Ceci a rendu caduque une clause de nantissement sur certains actifs incorporels, devenue incompatible avec une garantie identique donnée à ses prêteurs bancaires lors de sa dernière renégociation de dette.
Certains investisseurs institutionnels, comme les assureurs mutualistes, ne sont cependant pas en mesure de participer à ce type d’opérations, car «cela se traduirait pour eux par une baisse du rendement de leur portefeuille géré dans une optique de très long terme».
Cette tendance est perceptible à l’échelle européenne. La société espagnole Abengoa a par exemple racheté en janvier dernier pour 108 millions d’euros une partie de sa souche de 200 millions d’euros émise en juillet 2009, tout en procédant à une nouvelle émission de 400 millions à 6 ans. La même stratégie est appliquée par la loterie grecque Intralot, qui cherche actuellement à réaliser sa première émission obligataire depuis 2006 pour un montant prévisionnel de 300 millions à 5 ans; elle propose en parallèle un remboursement total ou partiel de 140 millions d’euros de convertibles à échéance décembre 2013.
«Ces rachats obligataires devraient s’amplifier au cours des prochains mois, indépendamment de la récente remontée du rendement des obligations d’Etat. La majeure partie de ces opérations porte en effet sur des maturités relativement courtes, comprises entre 1 et 3 ans, qui ne seront pas affectées par une hausse des taux à long terme», conclut Thibault Prébay.
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