Les obligataires d’AgroGénération vont prendre le contrôle du capital
AgroGénération va passer sous la coupe de ses obligataires. Frappé par la crise ukrainienne, et lesté par 85,4 millions d’euros de dette nette, le groupe agricole fondé et toujours partiellement détenu par Charles Beigbeder ne peut plus faire face à ses engagements financiers. La société a annoncé entre Noël et le 1er de l’an un projet de restructuration financière qui permettra à ses obligataires de compenser leurs créances en obligations subordonnées remboursables en actions nouvelles ou existantes (Osrane).
Cet échange vise à substituer 55 millions d’euros de dette en capital potentiel, les Osrane étant comptabilisées en quasi-fonds propres selon les normes IFRS. Dans le même temps, AgroGénération propose à ses actionnaires d’apporter 10 millions d’euros en souscrivant à l’émission d’Osrane, via un droit préférentiel de souscription. L’actionnaire qui ne suivra pas verra sa part diluée de plus de 60%.
Coté sur Alternext, AgroGénération soumettra prochainement un prospectus au visa de l’Autorité des marchés financiers. Le groupe espère lancer l’opération dans le courant du premier trimestre. A ce stade, le groupe précise simplement que les Osrane offriront un taux fixe annuel de 8%, payable chaque semestre, et permettront à échéance, prévue pour 2019, de recevoir 192 actions nouvelles pour une Osrane détenue. Elles bénéficient également de prime de remboursement anticipée à chaque date d’échéance de coupon.
Des obligataires représentant 80% des titres en circulation ont déjà annoncé leur accord de principe à cet échange. Premier actionnaire d’AgroGénération avec 62% du capital, le véhicule Konkur du fonds d’investissement de l’homme d’affaires ukrainien Michael Bleyzer soutient également l’opération. Une procédure de conciliation a été ouverte auprès du tribunal de commerce de Paris afin d’essayer d’obtenir l’accord de la totalité des obligataires. Une assemblée générale est prévue pour le 15 janvier.
En cas d’échec, AgroGénération a déjà prévu de demander l’ouverture d’une procédure de sauvegarde accélérée, ce qui lui permettrait de réduire aux deux tiers la majorité nécessaire pour pouvoir procéder à l’échange. Les actionnaires auront pour leur part à se prononcer en AG le 5 février.
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