Les nouvelles technologies profitent aux fraudeurs en entreprise
Le profil du fraudeur en entreprise change peu. Dans un panel de 750 fraudes constatées entre 2013 et 2015, KPMG retient globalement les mêmes caractéristiques que dans sa précédente étude datant de 2013 : elles sont l’œuvre d’hommes dans 79% des cas, âgés de 36 à 55 ans (68% des cas), salariés directement dans l’entreprise (65%) et occupant des fonctions de cadre voire de directeur exécutif (respectivement 32% et 26% des cas).
Mais plus que le fait d’un individu isolé, la fraude est bien souvent perpétrée par un groupe: la complicité est avérée dans 62% des cas. Celle-ci se trouve dès lors aussi bien à l’intérieur de l’entreprise qu’à l’extérieur. Dans 43% des cas, le groupe de fraudeurs est constitué d’insiders et d’individus extérieurs à l’entreprise. Les anciens salariés sont également une part significative (21%) à être impliqués dans la fraude envers leur ancien employeur.
La nature des fraudes est également stable : il s’agit de détournements de fonds, dans 47% des cas, et de falsifications de comptes financiers dans 22% des cas. Face à ces fraudes, le contrôle interne des entreprises parait déficient, puisque ses failles sont identifiées comme responsables des fraudes dans 61% des cas. Cette déficience paraît peser lourdement sur l’entreprise, notamment sur ses ambitions de croissance à l’internationale, vers les marchés où la corruption est monnaie courante. Mais, même face à des contrôles internes accrus, les fraudeurs utilisent leur position au sein de l’entreprise pour arriver à leurs fins.
A cet égard, les nouvelles technologies sont à double tranchant. Si elles fournissent à l’entreprise de puissants outils d’analyse permettant de détecter et de prévenir les fraudes, elles fragilisent également certains points de son organisation. Ainsi, la technologie est utilisée de manière déterminante dans un quart des cas de fraudes, notamment afin de falsifier des documents comptables, de fournir des informations trompeuses via e-mail, ou d’accéder de manière abusive au réseau informatique de la société. Si la cyberfraude menace des aspects stratégiques des entreprises, tels que le vol de données personnelles ou de propriétés intellectuelles, les sociétés semblent peu préparées à faire face à ces risques.
Plus d'articles du même thème
-
CMA CGM se renforce dans la logistique du dernier kilomètre
Via sa filiale Colis Privé, l’armateur veut acquérir les activités en France, en Espagne et au Portugal de Paack. -
Les lauréats du Students Challenge organisé par Natixis IM défient la crise ESG
Le concours annuel organisé par Natixis IM a réuni lors de la finale trois équipes au cours de laquelle chacune a défendu sa stratégie d’investissement multi-actifs intégrant des contraintes ESG. -
Kering se retrouve sous pression en Bourse avec la montée des doutes d'analystes
Plusieurs bureaux tempèrent leurs attentes sur le redressement de la marque principale du groupe de luxe.
ETF à la Une
KBC AM dévoile trois ETF Ucits
- C'est la fête du slip à la Bourse de Paris
- Le vendeur à découvert Grizzly Research multiplie les attaques sur les sociétés cotées européennes
- Scor indemnisera Covéa à hauteur de 488,3 millions de dollars dans le cadre d'une procédure d'arbitrage
- Alphabet entre dans l’indice Dow Jones, un symbole plus qu’une reconnaissance
- L'assurance emprunteur veut en finir avec les clauses d'exclusion
Contenu de nos partenaires
-
HésitationsEntre Jordan Bardella et Marine Le Pen, les macronistes font le yoyo
Présence au GP de F1 de Monaco, réaction à la mort de Nathalie Baye... Depuis qu'il enchaîne les bévues, Jordan Bardella fait beaucoup moins peur aux macronistes, qui se mettent désormais à craindre Marine Le Pen -
Planqués« Il faut que quelqu'un se lève » : les élus du bloc central pas pressés de soutenir Attal, Philippe ou Retailleau
Prudents, les élus repoussent l'heure du choix de leur candidat à la présidentielle de peur de miser sur le mauvais cheval -
Les recettes du pétrole reviennent, mais les Iraniens devront patienter pour en profiter
Les rentrées d’argent auront un impact négligeable pour les citoyens ordinaires