Les investisseurs sont sceptiques sur le rachat de Shaw Group par CB&I
Chicago Bridge & Iron Co (CB&I) semble voir manqué son effet. En proposant de mettre 3 milliards de dollars sur la table pour s’emparer de Shaw Group, la société texane, conseillée par Bank of America, croyait avoir fait le nécessaire. CB&I a offert hier un prix de 46 dollars, dont 41 dollars par titre en cash et 5 dollars en actions CB&I, soit une prime de 72% par rapport au cours de clôture de vendredi. Le directeur général de CB&I, Philip Asherman, se projetait d’ailleurs en indiquant que l’acquisition permettrait à son groupe d’être «complètement diversifié sur l’ensemble du secteur énergétique, de la production d'énergie nucléaire au gaz naturel liquéfié, du raffinage au traitement du gaz, du pétrole offshore aux sables bitumineux, et au-delà».
La cible paraît en effet attrayante. Avec 6 milliards de revenus l’an dernier, Shaw Group développe deux centrales nucléaires, les premières à obtenir une autorisation aux Etats-Unis depuis 1978, en Caroline du Sud en coopération avec Westinghouse, la compagnie électrique. Sans compter que le groupe a indiqué précédemment qu’il comptait céder ses 20% dans Westinghouse, ce qui lui permettrait de gommer sa dette. Les sociétés espèrent ainsi former un des plus importants groupes mondiaux de construction et d’ingénierie énergétique, avec quelque 28 milliards de dollars de travaux en réservoir.
Mais les marchés n’ont pas semblé croire à ce scénario. Suite à l’annonce, le cours de Shaw Group, conseillé par Morgan Stanley, s’envolait certes de 54,7% à 41,31 dollars, mais restait bien inférieur au prix proposé par CB&I. Dans le même temps, le cours de l’action de ce dernier se faisait sévèrement sanctionner en chutant de 14% à 34,94 dollars.
Plusieurs points rendent les investisseurs sceptiques. Premièrement, le prix proposé semble trop cher. L’offre de CB&I valorise la cible à environ 26 fois son Ebitda, contre une moyenne de 40 transactions similaires du secteur réalisées sur les dix dernières années de 8,3 fois, selon Bloomberg. Par ailleurs, sur les 79 acquisitions réalisées dans le secteur cette année aux Etats-Unis, la prime payée était de seulement 10,6%.
De plus, CB&I, qui a des revenus inférieurs à ceux de Shaw Group (de 4,6 milliards l’an passé), était habitué à des acquisitions de taille plus modeste «qui n’engendrent pas plus d’un doublement ou d’un triplement du stock de travaux», selon William Blair & Co.
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