Les groupes du secteur des déchets retrouvent de la valeur en Bourse
L’effet de levier est en train de prendre de l’ampleur. Depuis quelques mois, le secteur européen de la collecte et du traitement des déchets commence à entrevoir une sortie de crise. Fortement pénalisés par la baisse de la production industrielle en Europe, à laquelle le volume de matières à traiter (enfouissement, incinération...) ou à recycler (matière secondaire, production d'énergie...) est directement lié, les groupes de recyclage sont proches de l’inversion de tendance.
Après un dérapage de 4,5% du chiffre d’affaires de sa division «déchets Europe» au premier semestre, Suez Environnement, numéro un en Europe, a dégagé une croissance de 0,3% au troisième trimestre 2013. Même constat chez Veolia Environnement: baisse de 3,5% des volumes au premier trimestre, de 1,1% à la fin du premier semestre et de 0,7% fin septembre. Si, comme le notent les analystes d’Exane BNP Paribas, le redressement n’est pas homogène en Europe, la tendance est clairement à l’amélioration: ils attendent une croissance de 0,5% des volumes en 2014 et 2015 pour Suez Environnement et de 1% pour Veolia, dont l’exposition en dehors d’Europe est plus forte.
Cette reprise est cruciale pour la rentabilité d’un métier aux charges fixes. Pour Suez Environnement, dont l’activité de traitement des déchets représente environ 40% du chiffre d’affaires total, 1% de variation à la hausse ou à la baisse du volume de déchets se transforme en plus ou moins 40 millions d’euros d’Ebitda dans le compte de résultats.
La fin de l’érosion des volumes de déchets explique donc en grande partie le vif rebond des valeurs du secteur ces derniers mois. Alors que l’indice européen des utilities (groupe d’énergies et de services à l’environnement) progresse de 6% depuis le début de l’année, les cours de Suez Environnement et de Veolia bondissent de plus de 35% chacun. Les perspectives de reprise en Europe continentale ont par exemple incité les analystes d’Exane BNP à réduire la décote qu’ils appliquaient aux deux groupes par rapport à leurs comparables américains ou britanniques, de 15% à 10% pour Suez et de 20% à 10% pour Veolia. Ils valorisent ainsi la division de traitement des déchets des deux groupes français environ 3,5 milliards d’euros, soit 11,5 fois leur prévision de résultat d’exploitation pour 2014.
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