Les groupes de défense restent menacés par le compromis budgétaire américain

Le risque de coupes dans le budget militaire des Etats-Unis n’a pas été levé par l’accord trouvé hier matin. BAE Systems est l’un des groupes les plus exposés
Olivier Pinaud
Les groupes de défense restent menacés par le compromis budgétaire américain. Photo: PHB
Les groupes de défense restent menacés par le compromis budgétaire américain. Photo: PHB  - 

Suspendues depuis des semaines aux conséquences éventuelles de l’accord sur le «mur budgétaire» américain, les entreprises ne sont pas totalement rassurées par le compromis adopté hier. En repoussant de deux mois la décision sur les coupes budgétaires fédérales, l’accord laisse planer un risque important de baisses des commandes publiques. Les entreprises des secteurs de la défense, de la santé voire de l’éducation vont ainsi devoir retenir leur souffle pendant encore quelques semaines afin de mesurer les impacts éventuels.

«Les perspectives et la visibilité des groupes de défense ne se sont pas améliorées. Aussi longtemps que durera le risque de réduction automatique des budgets, les investisseurs seront peu enclins à placer leurs fonds dans certaines entreprises du secteur», expliquent les analystes de Bank of America Merrill Lynch. La «séquestration» automatique des dépenses pourrait amputer de 10% le budget américain de la défense dès 2013, soit 50 milliards de dollars environ.

Pour un groupe comme le britannique BAE Systems, l’un des plus exposés au marché militaire américain, cela pourrait se solder par une baisse de 7,5% de la prévision de bénéfice pour 2013 et de 3,5% celle pour l’année prochaine. Autres secteurs menacés, celui de la santé en cas de réduction de 2% des dépenses, comme envisagé par les mesures automatiques, ou celui de l’éducation.

En cas d’accord politique à venir, les coupes budgétaires dans ce domaine seraient inférieures à 2%, après un repli de 4% déjà en 2012. Elles auraient été de 8% en cas d’absence de compromis. «Ce risque est désormais écarté puisque les républicains ont abandonné leur intransigeance sur la fiscalité», indiquent les analystes de Natixis qui ajoutent que «le budget de l’éducation reste toutefois peu menacé» par les discussions à venir «car très consensuel».

De quoi rassurer sur les perspectives d’un groupe comme Pearson, dont la filiale américaine spécialisée dans l’édition et les examens représente 55% de son résultat d’exploitation. Natixis rappelle, qu’en 2011, le cours de l’action Pearson avait «sous-performé» de 5% ses comparables les mois avant les discussions sur le «fiscal cliff» avant de regagner l’intégralité de son retard lors du vote du budget. Au quatrième trimestre 2012, le titre Pearson accuse un retard de 10% sur ses homologues.

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