Les grandes entreprises françaises restent préoccupées par le coût de migration du Sepa

Les perspectives de retour sur investissement du système de paiement unifié sont «inexistantes ou négatives» pour 54% des émetteurs interrogés par bfinance
Yves-Marc Le Réour
Sepa : le coût de migration préoccupe les grands groupes français. Photo: PHB
Philippe Mudry  - 

A un an de la mise en place obligatoire du Sepa (Single Euro Payments Area), les grandes entreprises françaises restent davantage préoccupées par les coûts de migration liés à l’harmonisation des systèmes de paiement en euros que par les bénéfices qui en découleront. C’est l’une des principales conclusions de l’enquête menée par le cabinet de conseil bfinance auprès de 50 grands utilisateurs de moyens de paiement et d’encaissement.

En fonction des volumes et des types de paiement utilisés, le budget de migration sera compris entre 100.000 euros et 10 millions d’euros. Pour 53% des répondants, ces coûts représentent «au moins deux années de budget d’investissement alloué à la trésorerie». Si deux tiers des entreprises interrogées émettent déjà des virements Sepa (Sepa Credit Transfer ou SCT), la migration est à peine entamée pour le prélèvement européen (Sepa Direct Debit ou SDD) ou le télérèglement, et inexistante pour le TIP.

Cette réticence est due à un jugement globalement défavorable sur la capacité des banques à gérer le SDD. La quasi-totalité de l’échantillon est en revanche satisfaite de la qualité de service apportée sur le SCT. Alors que la responsabilité de la gestion des mandats de prélèvement incombera à partir du 1er février 2014 aux entreprises créancières et non plus à leurs banques, les grands émetteurs choisissent majoritairement des prestataires externes pour mettre en place une solution informatique ad hoc.

Si 54% des trésoriers sondés jugent à ce jour «négatives ou inexistantes» les perspectives de retour sur investissement afférentes au Sepa, ses principaux avantages indirects sont la centralisation des flux à l’échelle européenne (citée par 40% des répondants) et une concurrence accrue entre banques, susceptible d’abaisser le coût des flux (32% des répondants). Mais 57% d’entre eux ne prévoient pas de déployer une centrale de paiement dans les 24 prochains mois, limitant ainsi l’optimisation potentielle de leur projet Sepa.

La transparence accrue des méthodes de facturation favorisée par le Sepa a pourtant déjà entraîné en Europe des gains substantiels sur le coût de gestion du cash. En France, «le poids moyen des frais bancaires par rapport au chiffre d’affaires est passé entre 2005 et 2011 de 0,079% à 0,054%» sur la base d’un échantillon de 75 entreprises clientes de bfinance, soit une baisse de 32%.

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