Les grandes entreprises françaises restent préoccupées par le coût de migration du Sepa
A un an de la mise en place obligatoire du Sepa (Single Euro Payments Area), les grandes entreprises françaises restent davantage préoccupées par les coûts de migration liés à l’harmonisation des systèmes de paiement en euros que par les bénéfices qui en découleront. C’est l’une des principales conclusions de l’enquête menée par le cabinet de conseil bfinance auprès de 50 grands utilisateurs de moyens de paiement et d’encaissement.
En fonction des volumes et des types de paiement utilisés, le budget de migration sera compris entre 100.000 euros et 10 millions d’euros. Pour 53% des répondants, ces coûts représentent «au moins deux années de budget d’investissement alloué à la trésorerie». Si deux tiers des entreprises interrogées émettent déjà des virements Sepa (Sepa Credit Transfer ou SCT), la migration est à peine entamée pour le prélèvement européen (Sepa Direct Debit ou SDD) ou le télérèglement, et inexistante pour le TIP.
Cette réticence est due à un jugement globalement défavorable sur la capacité des banques à gérer le SDD. La quasi-totalité de l’échantillon est en revanche satisfaite de la qualité de service apportée sur le SCT. Alors que la responsabilité de la gestion des mandats de prélèvement incombera à partir du 1er février 2014 aux entreprises créancières et non plus à leurs banques, les grands émetteurs choisissent majoritairement des prestataires externes pour mettre en place une solution informatique ad hoc.
Si 54% des trésoriers sondés jugent à ce jour «négatives ou inexistantes» les perspectives de retour sur investissement afférentes au Sepa, ses principaux avantages indirects sont la centralisation des flux à l’échelle européenne (citée par 40% des répondants) et une concurrence accrue entre banques, susceptible d’abaisser le coût des flux (32% des répondants). Mais 57% d’entre eux ne prévoient pas de déployer une centrale de paiement dans les 24 prochains mois, limitant ainsi l’optimisation potentielle de leur projet Sepa.
La transparence accrue des méthodes de facturation favorisée par le Sepa a pourtant déjà entraîné en Europe des gains substantiels sur le coût de gestion du cash. En France, «le poids moyen des frais bancaires par rapport au chiffre d’affaires est passé entre 2005 et 2011 de 0,079% à 0,054%» sur la base d’un échantillon de 75 entreprises clientes de bfinance, soit une baisse de 32%.
Plus d'articles du même thème
-
Corum lance R Start, une SCPI sans frais de souscription
La société de gestion a élaboré, pour ce nouveau véhicule, une structure de frais novatrice basée sur les plus-values réalisées à la cession des actifs. -
SpaceX met sur orbite son introduction en Bourse hors normes
SpaceX prépare une introduction en Bourse de tous les records, tant par les montants visés que par la structure de gouvernance à la main d’Elon Musk. Le milliardaire vise une cotation au Nasdaq le 12 juin, et pourrait publier son prospectus dès ce mercredi. -
Le taux à 30 ans américain bondit à un plus haut de 19 ans
Les marchés de taux restent sous pression, notamment les échéances les plus longues, alors que les investisseurs s’inquiètent de l’impact du conflit au Moyen-Orient sur l’inflation mais aussi de l’état des finances publiques. Le plancher japonais ne cesse aussi d’augmenter.
ETF à la Une
State Street IM et Ninety One s'associent pour lancer des ETF actifs
- La Société Générale écope d’une amende de 20 millions d'euros pour défaut de conseil en assurance et vente systématique
- Anne Hiebler (CACIB) : «Le M&A est un métier très exigeant qui nécessite un important engagement personnel»
- Eric Larchevêque fait machine arrière sur son projet de «bitcoin treasury company»
- Allianz déçoit les attentes en vie-santé
- Indosuez Wealth écope d'une amende de plus de 13 millions d'euros en Espagne
Contenu de nos partenaires
-
A la loupeChômage, télétravail, productivité : les résultats contrastés du macronisme
Le chômage augmente mais la Banque de France analyse comment le chômage structurel, lui, a diminué depuis 2015 sous l'effet des réformes menées par Emmanuel Macron -
Avec la relance des relations Alger-Paris, l'espoir d'une libération prochaine de Christophe Gleizes
Au retour de sa visite à Alger, Gérald Darmanin est resté discret sur le cas du journaliste français emprisonné. Christophe Gleizes a renoncé à son pourvoi en cassation et mise sur une grâce présidentielle. Ses conditions de détention se sont améliorées ces derniers mois. -
Mémoire vivePrésidentielle : l'Algérie, champ de bataille pour 2027
Immigration, sécurité, narcotrafic, « devoir de mémoire » contre « rente mémorielle » : autant de sujets centraux de la campagne qui pourraient se cristalliser sur le cas algérien