Les ETI doivent professionnaliser le recrutement de leurs administrateurs
Nous devons travailler pour ouvrir les conseils aux jeunes de moins de 40 ans. Nous avons aussi besoin de très jeunes administrateurs (20-30 ans)», a déclaré Daniel Lebègue, président de l’Institut français des administrateurs (IFA) lors d’une matinale consacrée au recrutement des administrateurs dans les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Une suggestion pour les ETI, dont le processus de recrutement des administrateurs «n’est pas encore professionnel», estime Pierre Simon, président de Paris-Ile de France Capitale Economique et président de la commission ETI de l’IFA qui publiera ses conclusions sur ce sujet en septembre.
Pascal Viénot, associé fondateur d’Associés en gouvernance, et rapporteur de la commission ETI de l’IFA, rappelle les quatre étapes à respecter.
Il convient tout d’abord de s’interroger sur les raisons du recrutement: des mauvais résultats, une future entrée en Bourse, un conflit au sein de la direction… «En réalité, on ne recrute pas un administrateur mais une composante du conseil», précise Pascal Viénot. En fonction des attentes, il est essentiel d’établir un cahier des charges. Le nouvel entrant «vient servir l’intérêt social et non le président, rappelle Pascal Viénot. Un point important à garder à l’esprit dans les entreprises très personnalisées».
Ensuite, la recherche doit être préparée en amont. Trop d’entreprises attendent une démission ou une contrainte réglementaire pour y réfléchir. Une évaluation régulière du conseil permet d’anticiper les talents dont a besoin la société. Il faut veiller à vérifier les compétences et les éventuels conflits d’intérêts, mais aussi réfléchir à la rémunération et aux assurances du futur administrateur. Et pour trouver la perle rare, le cabinet de chasse de tête n’est pas l’unique moyen, poursuit Pascal Viénot, vantant l’utilisation des réseaux professionnels ou de la Bourse aux mandats de l’IFA, même si cette dernière doit encore s’améliorer.
La sélection et le choix final appartiennent au conseil, ou au comité ad hoc, et non au seul président. Le processus doit être rigoureux. «Un administrateur ne vient pas remplacer une compétence technique qu’on ne peut pas se payer, prévient pascal Viénot. Il doit avoir la capacité de challenger le président».
Enfin, tout doit être fait pour intégrer l’administrateur. Son arrivée peut être l’occasion d’établir une charte de gouvernance.
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