Les entreprises se sentent peu armées face au risque de réputation
Le risque de réputation est au cœur des inquiétudes des dirigeants d’entreprise, mais peu s’estiment armés pour y faire face. Pourtant, les affaires Kerviel pour la Société Générale ou de la fausse alerte au lait contaminé en Asie pour Danone, parmi de nombreuses autres, ont montré les dégâts durables que pouvaient causer de tels incidents de parcours.
En effet, 87% des dirigeants considèrent le risque de réputation comme le risque le plus stratégique pour leur entreprise, selon une étude Deloitte réalisée auprès de 300 dirigeants à travers le monde. D’autant que la réputation est un actif qui correspond en moyenne à 25% de la valeur de l’entreprise, selon le Forum économique mondial. Pour près de la moitié des entreprises, la survenue d’un événement nuisible pèsera sur le chiffre d’affaires et sur la valeur de la marque. «Ces effets de court terme s’accompagne d’un impact à long terme avec la perte de clientèle, les difficultés à attirer des talents et les possibles multiplications des contrôles règlementaires, en particulier pour les services financiers », explique Marc Duvechet , associé responsable Risk Advisory chez Deloitte.
Les risques de réputation concernent d’abord l’éthique et l’intégrité (fraude, corruption…), puis la santé et la sécurité (intrusions physiques et électroniques), et enfin ceux liés directement aux produits et services. «Le sujet est particulièrement complexe pour les entreprises, puisque pour chacun de ses risques propres, elle doit se demander quel serait l’impact sur sa réputation», ajoute Marc Duvechet. Les institutions financières et les entreprises de haute technologie sont particulièrement attentives à ce risque.
Si seulement 19% des entreprises sont confiantes dans leur capacité à gérer de tels risques, plus de la moitié souhaitent mettre en place des cellules de crise, pour anticiper et gérer ces risques de réputation. «Les entreprises travaillent déjà sur l’analyse des risques, et essayent maintenant de mettre en place des processus de gestion de crise de réputation en amont pour être opérationnelles dès qu’une crise se déclare», poursuit Marc Duvechet.
Au sein de l’organisation, la responsabilité incombe d’abord au directeur général (36%) selon les sondés, au responsable de la gestion des risques (21%) ou au conseil d’administration (14%).
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