Les entreprises françaises se distinguent en épargnant très fortement en 2012
Prudentes les entreprises françaises ont privilégié l’an dernier la constitution d’une épargne de précaution, selon la deuxième édition de l’étude sur la valeur ajoutée de Havas Paris, étendue cette année au SBF 120 (seulement le CAC 40 l’an dernier).
Le SBF 120 s’est ainsi constitué un matelas de liquidité à hauteur de 20% du cash-flow fin 2012 (3% en 2011), signe du peu d’optimisme pour l’année en cours, alors que le CAC 40 avait privilégié l’an dernier une redistribution de la richesse aux différentes parties prenantes. Les entreprises qui épargnent sont les plus profitables. Ainsi, les entreprises industrielles épargnent jusqu’à 37% de leur cash-flow contre 13% pour celles des médias ou des télécoms. Les sociétés du CAC 40 mettent de côté 35% de leur cash-flow, contre 5% pour celles du Next 80. Une véritable exception française, alors que les entreprises du Dax n’ont conservé que 8% de leurs liquidités disponibles et que celles du FTSE et du S&P ont utilisé toute leur trésorerie aux investissements de croissance externe. Il est vrai que le cash-flow du SBF 120 devrait croître de seulement 2% en 2012.
D’ailleurs tous les postes de dépenses ont été réduits, hormis la masse salariale et les investissements de production. Le désendettement n’est plus à l’ordre du jour.
Si cette stratégie devrait rassurer les salariés, «les entreprises vont devoir faire œuvre de pédagogie pour expliquer aux investisseurs étrangers qui détiennent 40% du capital du SBF 120, l’exception française qui consiste à se doter d’une marge financière conséquente et à préserver, en période difficile, en priorité l’emploi et l’investissement», explique Bénédicte Hautefort, associé chez Havas Paris.
Autrement dit, la rémunération des actionnaires (dividendes et rachats d’actions) est sous pression, en baisse de 11% en 2011, alors qu’elle avait progressé de 31% entre 2005 et 2011. En 2012, 16 sociétés du SBF 120 ont réduit ou supprimé les dividendes, tandis que les rachats d’actions se sont raréfiés. En revanche, les dividendes ont crû au rythme du cash-flow en Allemagne, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Les dirigeants ne sont pas mieux lotis, avec une baisse de 11% de leur rémunération, après une hausse de 34% de 2005 à 2010. Toutefois, cette rémunération a progressé de 3% dans le CAC 40 et chuté de 17% dans le Next 80.
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