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Les déboires de Soitec dans le solaire font plonger le titre à un plus bas historique
Les déboires de Soitec dans le solaire font plonger le titre à un plus bas historique
A la suite du blocage de son projet californien, le groupe va adapter son site de production et passer une charge de dépréciation de 70 millions d’euros
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Yves-Marc Le Réour
Les objectifs du plan stratégique de Soitec semblent désormais hors de portée. Alors que le spécialiste du silicium sur isolant estimait le mois dernier être en mesure d’atteindre un résultat opérationnel positif sur son exercice clos le 31 mars 2016, la déconvenue qu’il vient d’enregistrer dans l’énergie solaire met fin à cet espoir. Le groupe a annoncé hier que le fournisseur auquel il avait cédé des contrats d'électricité en vue d’un projet de centrale solaire en Californie a rencontré «un obstacle majeur bloquant la réalisation du projet». L’action a plongé de 54,5% pour terminer à un plus bas historique de 0,96 euro, ce qui reflète une capitalisation boursière de seulement 216 millions d’euros.
Puisqu’il comptait sur les commandes découlant de ce projet pour absorber les coûts de production de son usine de San Diego, Soitec va donc immédiatement engager un programme de réduction de charges afin d’adapter ce site au volume de production prévu d’ici à mars 2016, soit 70 MW contre une capacité maximum de 280 MW. Le groupe passera à ce titre une charge pour dépréciation d’actifs chiffrée à «environ 70 millions d’euros» au second semestre de l’exercice en cours, période sur laquelle sa perte opérationnelle courante «ne sera pas significativement réduite» par rapport à celle de 74,4 millions d’euros enregistrée au premier semestre.
Soitec, qui pronostique toujours une hausse des ventes et de la rentabilité de sa division électronique, annoncera ses nouveaux objectifs 2015-2016 «avant la fin de l’exercice en cours». Il compte fournir davantage de détails dès le 19 janvier, lors de la publication de son chiffre d’affaires du troisième trimestre. «Les résultats devraient être négatifs pour les trois prochains exercices fiscaux», estiment de leur côté les analystes de Bryan Garnier qui valorisaient à 245 millions d’euros le projet californien.
Au-delà des incertitudes sur les perspectives du groupe dans le solaire, les analystes de Natixis soulignent la fragilisation de sa trésorerie disponible qui s’élevait à 43,9 millions d’euros au 30 septembre. Soitec anticipait jusqu’ici une amélioration de sa trésorerie d’ici à fin 2015, en précisant que son niveau resterait inférieur à 100 millions d’euros. En cas de remise en cause de cette tendance, une nouvelle augmentation de capital deviendrait incontournable pour assurer la pérennité de ses activités.
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