Les constructeurs automobiles peinent à réduire leurs surcapacités en Europe
Le Mondial de l’Automobile s’est ouvert à Paris sous de sombres auspices pour le secteur automobile européen. La faiblesse de la demande et une concurrence exacerbée pèsent sur la rentabilité des constructeurs généralistes qui doivent continuer à innover tout en rationalisant leur outil de production.
L’influence grandissante des pays émergents sur la production automobile mondiale (voir graphique) va contraindre les constructeurs européens à augmenter le nombre de modèles produits par plate-forme, afin de satisfaire au meilleur coût «le besoin de différenciation et les exigences des consommateurs», relève PwC dans une récente étude. A cela s’ajoute le respect de normes environnementales de plus en plus contraignantes.
Si la plupart des observateurs anticipent pour 2012 un repli de 6 à 7% des ventes de véhicules particuliers en Europe, des divergences surgissent pour l’an prochain. Les analystes de Moody’s s’attendent à une nouvelle baisse de 3% de la demande «en raison de la faiblesse des pays du Sud de la région», alors que PwC table sur une reprise modeste à partir de 2013, «grâce notamment au renouvellement des véhicules achetés par anticipation depuis 2009 sous l’impulsion des aides gouvernementales». Le cabinet d’audit prévoit, à contexte économique constant, un retour au taux moyen historique d’utilisation des usines de 78% dès 2014 en Europe, à comparer à un niveau de seulement 73% atteint l’an dernier.
Mais un taux d’utilisation d’au moins 90% serait nécessaire pour que l’agence Moody’s révise en hausse de «stable» à «positive» sa perspective de crédit sur le secteur. Or les diminutions de capacités prévues jusqu’ici dans la région devraient être limitées. Elles s’élèveraient à «moins de 600.000 véhicules, soit moins de 5% de la production européenne actuelle», selon les calculs de sa concurrente S&P.
Malgré les appels de PSA en France, de Fiat en Italie et d’Opel en Allemagne en faveur d’un effort concerté dans la région, cette agence juge que le processus de réduction des capacités sera «coûteux, politiquement difficile, et mené au cas par cas». «Le calendrier, l’application et le bénéfice de ces mesures seront inégaux», poursuit S&P. Au rythme actuel, le rééquilibrage entre l’offre et la demande nécessitera donc un horizon largement supérieur à un an, surtout en cas d’absence de reprise des ventes en Europe, conclut l’agence américaine.
{"title":"","image":"78798»,"legend":"indicateurs secteur automobile»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
PARTENARIATMétaux stratégiques : l’autre front des tensions géopolitiques
Derrière les 20 % de brut mondial transitant par le détroit d'Ormuz, la crise affecte directement les métaux. La région détient 10 % des capacités de production d'aluminium, exposées à des dommages permanents, et sécurise 40 à 50 % des exportations mondiales de soufre, un intrant indispensable à l'extraction du cuivre et du nickel. -
PARTENARIATIA: où se situent les vraies opportunité d’investissement ?
L’IA crée des goulots d’étranglement techniques qui se transforment en opportunités majeures pour surperformer le marché. -
Prosus estime avoir réussi son virage stratégique
Le conglomérat technologique néerlandais table sur une hausse de son bénéfice par action sous-jacent comprise entre 19% et 28% pour son exercice clos fin mars 2026.
ETF à la Une
Generali Investments va lancer ses premiers ETF actifs en Europe
- Les méga-IPO sont le dernier signe avant-coureur de bulle spéculative
- La France domine toujours le classement des meilleurs masters en finance
- Le pétrole plonge après l'accord entre les Etats-Unis et l'Iran
- L’assurabilité climatique refait surface dans l’agenda politique
- Accenture ravive les craintes sur l’IA et enfonce Capgemini dans le rouge
Contenu de nos partenaires
-
Tribune libreFrance–Afrique : la fin du pré carré ?
Lors du sommet Afrique-France « Africa Forward » à Nairobi en mai dernier, le président Macron a affirmé que l’ère du pré carré français en Afrique était terminée, « depuis 2017 c’est fini », s’attribuant en quelque sorte cet état de fait. -
Un train de retardPourquoi les trains et réseau ferré de la SNCF sont peu adaptés aux chaleurs extrêmes
La vague de chaleur qui s’abat sur la France met en lumière l’inadaptation d’une partie du réseau ferré, dont la régénération est au cœur d’une future loi-cadre qui peine à être examinée. -
Tribune libreAnthropic, Starlink... : la souveraineté, c’est la règle, pas le pavillon
Depuis Bodin, la souveraineté désigne moins l’autosuffisance que la capacité de fixer la loi et de la faire respecter