Les constructeurs allemands veulent garder le volant de la voiture autonome
Du jamais vu : Audi (groupe Volkswagen), BMW et Mercedes (Daimler) main dans la main pour réaliser une acquisition de 2,8 milliards d’euros, dont 300 millions de reprise de dette. Les trois constructeurs allemands ont signé hier une alliance inédite dans le monde automobile pour s’emparer de Here, la société de cartographie mise en vente par Nokia.
Les trois groupes, dont les collaborations étaient jusqu’à présent extrêmement limitées, vont détenir des participations égales dans Here. Ils se sont engagés à ce qu’aucun d’entre eux ne cherche à obtenir la majorité. Selon Reuters, le fonds General Atlantic pourrait intégrer le consortium dans un second temps et jouer le rôle de «médiateur».
La société conservera une direction autonome et pourra continuer à travailler pour d’autres constructeurs. Here fournit les données cartographiques d’environ 80% des voitures disposant d’un système de navigation intégré circulant en Europe et aux Etats-Unis. Elle travaille également pour des groupes internet ou de commerce électronique comme Amazon, Yahoo ou le chinois Baidu. Ce dernier figurait d’ailleurs parmi les candidats au rachat de Here. Les noms d’Uber ainsi que de plusieurs fonds de private equity étaient également cités.
C’est la perspective du développement du marché de la voiture dite autonome, c’est-à-dire capable d’offrir à terme des solutions de pilotage automatique, qui a incité Audi, BMW et Mercedes à s’entendre. D’une part, selon les prévisions de McKinsey, les ventes de données cartographiques pour les voitures pourraient être multipliées par six d’ici à 2020 pour atteindre 180 milliards d’euros. D’autre part, et surtout, de nombreux groupes de technologie, Google et Apple en tête, comptent profiter de leur savoir-faire pour entrer dans le secteur automobile et capter une partie de sa valeur. Here travaille déjà sur dix projets de voitures autonomes. «Nous voulons sécuriser l’indépendance de ce service crucial pour tous les constructeurs, fournisseurs et clients», a reconnu Dieter Zetsche, le directeur général de Daimler.
Certains concurrents pourraient néanmoins être tentés de développer une solution alternative. Le néerlandais TomTom s’est récemment associé à l’équipementier Bosch pour développer un système concurrent de Here.
Plus d'articles du même thème
-
TPT devient le deuxième superfund britannique à passer l'évaluation du régulateur
TPT Retirement Solutions a levé du capital pour reprendre des régimes de retraite à prestations définies dont l'employeur historique souhaite se défaire. -
Emmanuel Macron était à Doha pour le sommet du Club des fonds souverains pour la planète
Ce point d’étape dans l’agenda du président français a été l’occasion de réaffirmer les engagements des participants pour répondre aux défis structurels de l’économie mondiale. -
Le marché de l’assurance appréhende un nouveau week-end de troubles
Alors que de nouvelles mobilisations contre la vie chère se profilent le week-end du 24 octobre malgré l’interdiction de manifester dans certaines villes, les assureurs ne veulent pas avoir à gérer les conséquences de nouveaux débordements. Le caractère répétitif, simultané et concentré des dommages pouvant conduire à l’inassurabilité de ces risques.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- BNP Paribas augmente la plupart de ses salariés entre 1.000 et 1.500 euros
- Macif Vie est menacée par la Cnil d'une sanction de 7 millions d’euros
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- La retraite par capitalisation cherche sa forme avant la présidentielle
Contenu de nos partenaires
-
Octobre rouge« Si on ne casse pas, on n’obtient rien » : cette jeunesse séduite par la violence
Mûs par une haine de la police, une fascination pour LFI ou une culpabilité de « privilégiés », des lycéens et étudiants jugent que la casse est un dommage collatéral d’une « colère légitime » -
Chasse aux sorcières« Du maccarthysme à l’ancienne » : comment la rhétorique de Lecornu fait les affaires de Mélenchon
A force de voir l’ombre de LFI partout, sans jamais reconnaître ses propres manquements, le chef du gouvernement achève de dresser toute la gauche contre lui -
EditorialFermeté de la justice avec les émeutiers : assez de cris d’orfraie !
Les mêmes qui s’indignent immanquablement des attaques contre les « juges rouges » sont tout à coup bien prompts à accréditer l’idée d’une justice aux ordres