Les biotechs européennes attisent l’appétit des fonds américains

La moindre valorisation des acteurs du Vieux Continent et l’effet devises séduisent les investisseurs d’outre-Atlantique.
Bruno de Roulhac

Les biotechs européennes ont le vent en poupe. A l’instar de l’évolution de l’Euro Stoxx par rapport au Dow Jones, depuis le début de l’année le Next Biotech (+37%) surperforme très largement le Nasdaq Biotech (+20%). Pour autant, il n’y a pas de bulle, expliquent les experts de Bryan Garnier. Les sociétés sont plus matures, plus grosses, elles ont des stratégies solides de croissance et de bonnes performances.

Au premier trimestre 2015, les valeurs moyennes françaises de la santé ont enregistré une progression de 13% de leur chiffre d’affaires (dont 3% d’effet devises et 6% d’effet périmètre), contre +10% au trimestre précédent et +8,5% sur l’année 2014, note Oddo.

Ces performances opérationnelles et boursières intéressent davantage les investisseurs américains. Aussi surprenant que cela puisse paraître, le marché des IPO dans le secteur de la santé est désormais plus actif en Europe qu’outre-Atlantique. Depuis le début de l’année, 104 introductions en Bourse ont permis de lever 24 milliards d’euros sur le Vieux Continent, contre seulement 6 milliards levés aux Etats-Unis pour 49 opérations. En Europe, une IPO sur deux a lieu sur Euronext, devant l’AIM londonien. Désormais, Euronext compte environ 80 biotechs et medtechs, capitalisant jusqu’à 1,5 milliard d’euros, alors qu’elles n’étaient qu’une vingtaine il y a quatre ans et aucune ne dépassait les 500 millions d’euros de capitalisation.

L’entrée en Bourse ou une augmentation de capital est la porte d’entrée dans les biotechs européennes pour les investisseurs américains, la faible capitalisation et la liquidité réduite ne leur permettant d’agir sur le marché, explique Bryan Garnier. De plus en plus de fonds américains ont une vraie stratégique européenne. Biotechs et medtechs y sont moins valorisées, et depuis un an la parité euro/dollar favorise l’investisseur américain. Au-delà de 100 millions d’euros, il n’y a pas de levée sans investisseur américain, constate Bryan Garnier.

La double cotation – en Europe et aux Etats-Unis – est réservée aux champions, estime Bryan Garnier. De plus en plus de sociétés étudient cette possibilité, mais il y a peu d’élus. Encore plus pour une cotation directe sur le Nasdaq. Pour les biotechs qui y parviennent, ce double listing apporte visibilité et notoriété, une meilleure valorisation, gomme le risque devises et ouvre la voie à d’autres investisseurs, directement en dollars.

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