Les acheteurs étrangers de PME françaises attendent prudemment la reprise économique

Bien que les cibles présentent un profil séduisant selon S&P Capital IQ, la valeur des M&A visant les PME a chuté de moitié en 2012
Benoît Menou

Ils demeurent pour l’instant en retrait, patiemment à l’affût. En attendant la véritable reprise économique, les potentiels acquéreurs étrangers de PME françaises restent attentistes, comme le souligne une étude réalisée par S&P Capital IQ. La société de données financières veut croire que ces acteurs pourraient bien soutenir un renouveau du marché hexagonal des fusions-acquisitions au sein de PME «moteur de l’économie» comme le relève Andrew Lecocq, directeur chez S&P Capital IQ. L’étude souligne en effet la corrélation existant entre évolution du PIB et intérêt pour les cibles françaises.

Ainsi en 2012, le nombre de transactions impliquant un acheteur étranger (68) sur ce segment de sociétés dont le chiffre d’affaires annuel est inférieur à 100 millions d’euros a-t-il plongé de 30%, tandis que le nombre d’acheteurs domestiques progressait de 2% à 461. Et la valeur du marché a fondu de moitié (-52%) à 2,4 milliards d’euros, mettant en lumière la présence des étrangers sur les plus importantes transactions: entre 2004 et 2012, ils ont représenté 17% du nombre mais 48% de la valeur des opérations de rachat de PME françaises. Cette part en nombre d’opérations chute à 13% tant en 2012 qu’au premier semestre 2013.

Ce moindre intérêt des acheteurs internationaux ne saurait venir selon Andrew Lecocq de l’état de santé de PME françaises «qui affichent une croissance annuelle moyenne de 4,3% de leur chiffre d’affaires entre 2009 et 2012 et ne souffrent pas de problèmes de liquidité à court terme ou d’endettement susceptibles de précipiter une transaction». Les niveaux de valorisation font ainsi preuve de résistance: hors un recul à 0,6 en 2009, le ratio médian de valeur d’entreprise sur chiffre d’affaires a évolué entre 0,8 et 0,9 depuis 2007. Et les étrangers sont disposés à des prix plus élevés, avec entre 2004 et le premier semestre 2013 un ratio médian de 1,02 contre 0,71 pour les acheteurs domestiques. La demande étrangère souffrirait ainsi d’un souci de perception liée à la croissance économique tandis que les cibles potentielles présentent toujours un profil séduisant.

Sous réserve du retour à une croissance économique solide, le marché français des M&A au sein des PME «devrait ainsi rebondir à moyen terme, selon Andrew Lecocq, sous l’impulsion d’acheteurs étrangers rassurés, toujours principalement en provenance des Etats-Unis, du Royaume-Uni et d’Allemagne».

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...