Le transport par autocar accélère sa consolidation
Flixbus accroît son emprise dans le transport de longue distance par autocar. Après deux mois de négociations exclusives, le groupe allemand a trouvé un accord avec le français Transdev qui lui a cédé le 30 avril ses marques Eurolines et Isilines. L’opération, dont le montant n’a pas été dévoilé, concerne «les activités d’Eurolines en France, aux Pays-Bas, en Belgique, en République tchèque et en Espagne, avec un réseau de cars couvrant 25 pays», précise le communiqué commun publié hier. Elle exclut les activités de location de cars en France, exploitées par Isilines, qui le seront désormais sous la marque Transdev.
Pour Thierry Mallet, PDG du groupe français contrôlé par la Caisse des dépôts et l’allemand Rethmann, cette transaction s’inscrit dans le cadre du plan stratégique visant à recentrer les activités de Transdev «sur le transport public et le transport pour le compte des entreprises». Dans l’Hexagone, le transport de longue distance par cars, qui comptait cinq intervenants lors de la libéralisation du secteur entamée mi-2015 en vertu de la «loi Macron», ne compte plus que deux acteurs, Flixbus et Ouibus, filiale de la SNCF en passe d’être cédée à la plate-forme de covoiturage BlablaCar. Cette dernière, qui renommera le service Blablabus, prévoit d’ailleurs de s’implanter outre-Rhin.
«L’acquisition d’Eurolines renforce notre réseau européen et favorise notre croissance sur des marchés clés», explique Yvan Lefranc-Morin, directeur général de FlixBus France. Le nombre de passagers transportés par le groupe allemand sur le territoire français augmentera de plus d’un tiers pour atteindre 9,8 millions de voyageurs. L’opérateur met aussi la main sur la gare routière internationale de Paris-Gallieni située à Bagnolet, en bordure du périphérique.
Depuis son lancement en 2013, Flixbus, soutenu par les sociétés de private equity General Atlantic et Silverlake, a notamment repris le réseau de cars de Deutsche Post, celui des chemins de fer autrichiens ou l’activité Megabus du britannique Stagecoach en Europe continentale. En 2018, le groupe munichois a transporté 45 millions de passagers dans 29 pays, soit une hausse de 40% par rapport à 2017. En 2019, il compte entrer sur le marché russe et de se renforcer aux Etats-Unis où il s’est implanté l’an dernier afin de concurrencer Stagecoach et la marque emblématique Greyhound, actuellement détenue par le britannique FirstGroup.
{"title":"","image":"201079»,"legend":"","credit":"Illustration L\u2019Agefi."}
Plus d'articles du même thème
-
Vanguard s’offre Altruist pour élargir l’accès au conseil financier
En mettant la main sur Altruist, le géant américain de la gestion d’actifs renforce son ancrage auprès des conseillers financiers indépendants et parie sur l’IA pour démocratiser le conseil patrimonial. -
Victory Capital prend le contrôle de First Eagle
La société américaine, détenue à 27 % par Amundi, va ainsi voir ses encours bondir à 571 milliards de dollars d'actifs. -
Amundi se renforce aux Etats-Unis grâce à Victory Capital
Son partenaire s'offre First Eagle pour quelque 7 milliards de dollars, une opération qui combine cash et titres.
ETF à la Une
Les ETF actifs engrangent plus de 89 milliards de dollars de collecte en juillet
- Crédit Agricole Assurances accélère sa diversification et mise sur l’affinitaire
- BNP Paribas déplore les manquements de la justice américaine dans le litige sur son rôle au Soudan
- Un super El Niño mettra à l’épreuve les marchés agricoles et énergétiques mondiaux
- Les émissions d’obligations d'entreprises reprennent de plus belle
- L’arbitrage entame sa mue pour gagner en efficacité
Contenu de nos partenaires
-
EXCLUSIF CoulissesCes patrons qui murmurent à l'oreille de Gabriel Attal
Le candidat Renaissance à la présidentielle, qui se revendique « pro-business », s'entoure d'un conseil composé d'une dizaine de chefs d'entreprise -
Un jour, mon fils, tout ceci sera à toiLa taxation de l'héritage, une impasse française
Pour financer la baisse des prélèvements sur le travail, la gauche relance l'idée d'alourdir la taxation des gros héritages, avec des espoirs de rendement probablement surestimés. La droite, elle, reste insensible à l'augmentation du patrimoine hérité et refuse toute hausse de la fiscalité -
CompétitivitéMario Draghi de retour pour secourir une Europe « faible »
Deux ans après son rapport sur la compétitivité européenne, l’ex-patron de la BCE lance un club appelant à des mesures urgentes