Le surendettement d’Intelsat refroidit les investisseurs
Les fonds d’investissement tentés de placer en Bourse leurs participations sont prévenus. Malgré des indices actions au plus haut aux Etats-Unis, les marchés ne sont pas prêts à tout absorber. Silver Lake et BC Partners viennent d’en faire l’expérience sur le dossier Intelsat. Le premier opérateur mondial de satellites de communication n’a finalement vendu que 19,3 millions d’actions nouvelles à la Bourse de New York, contre 21,7 millions espérés encore le mois dernier. Le prix de cession a également été limité à 18 dollars par action, très en dessous de la fourchette indicative de 21 à 25 dollars. A l’ouverture des cotations hier après-midi, le cours perdait 5,56% à 17 dollars.
Résultat, la société n’a levé que 347,8 millions de dollars. A cela s’ajoutent 150 millions de dollars, issus de l’émission de 50 millions d’actions convertibles en mai 2016 et sans droit de vote. Au total, et en enlevant les différents frais et commissions liés aux deux opérations, Intelsat n’a récolté que 471,7 millions de dollars nets. Il y a un an, en lançant le projet d’introduction en Bourse, la direction du groupe de satellites espérait lever 1,75 milliard de dollars.
Cet argent frais, Intelsat en a pourtant cruellement besoin. L’opérateur, pionnier des services de diffusion de la télévision par satellite depuis le lancement en 1965 d’Early Bird, traîne une dette totale de 15,9 milliards de dollars, soit 7,95 fois son Ebitda 2012. Ses concurrents européens, SES et Eutelsat, portent des dettes représentant moins de 3 fois leur Ebitda. Malgré ce surendettement, la valeur d’entreprise sur Ebitda du groupe américain est identique à celle de SES et d’Eutelsat, de l’ordre de 9 fois 2012.
Intelsat avait été racheté début 2008 par Silver Lake et BC Parners auprès d’un consortium de fonds comprenant notamment Apax Partners, Apollo et Permira. Depuis, malgré une marge d’Ebitda moyenne de 78% par an, Intelsat accumule les pertes nettes, croulant sous plus de 1,2 milliard de dollars de charges financières annuelles pour 2,6 milliards de chiffre d’affaires. Conséquence, même s’il jouit de positions fortes, aussi bien dans les télécoms que dans la diffusion de chaînes de télévision, Intelsat peine à investir pour nourrir sa croissance. L’an dernier, son chiffre d’affaires n’a progressé que de 3% et la part provenant des «nouveaux marchés» a baissé depuis 2009.
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