Le secteur financier soutient les dividendes en Europe
S’il est inégalement réparti et diversement perceptible, le retour de la croissance en Europe a profité aux actionnaires. Selon la dernière étude trimestrielle de Henderson Global Investors, les dividendes ordinaires versés par les sociétés européennes, qui excluent les effets de change et les versements extraordinaires, ont progressé de 8,6% en Europe continentale et de 7,9% au Royaume-Uni par rapport au deuxième trimestre 2014. Le rythme est plus lent qu’au premier trimestre mais il a dépassé les prévisions de Henderson.
Le deuxième trimestre a également été un bon cru à l’échelle mondiale en termes de dividendes ordinaires. Ils ont par exemple progressé de 16,8% au Japon. Toyota, le plus gros payeur de dividendes du pays, a accru son versement en yens de 25%. «Cette tendance s’est répétée dans bon nombre de secteurs et de sociétés, les équipes de direction répondant aux demandes d’augmentation des dividendes japonais de la part des investisseurs et du gouvernement, ceux-ci étant relativement faibles comparés aux standards des pays développés. Sony et Toshiba ont été à contre-courant de la tendance positive en annulant leurs dividendes», détaille l’étude.
Ailleurs, le secteur de la finance a fortement contribué à la hausse des dividendes, normalisant sa contribution après des années de convalescence après la crise financière. La forte augmentation décidée par UBS, par exemple, a soutenu la croissance des dividendes en Suisse, qui fut le troisième plus gros contributeur en Europe continentale au cours du deuxième trimestre. En Belgique, les dividendes ont été portés par la banque KBC et aux Pays-Bas notamment par le groupe financier ING, qui a repris ses versements, son programme de sauvetage touchant à sa fin. En Italie, la banque Intesa Sanpaolo fait partie des contributeurs majeurs (aux côtés de Snam et de Luxottica).
La tendance concerne également le Royaume-Uni et les Etats-Unis. Le britannique Lloyds Banking Group a ainsi versé un dividende pour la première fois depuis la crise financière, tandis que Bank of America et Citigroup ont quintuplé les leurs.
La baisse des devises mondiales face au dollar depuis un an brouille toutefois la lecture: exprimés dans la monnaie américaine, les dividendes ont chuté de 6,7% à l’échelle internationale (à 404,9 milliards de dollars) et de 14,3% pour l’Europe continentale (à 133,7 milliards). L’euro et le yen ont perdu environ un cinquième de leur valeur par rapport au deuxième trimestre 2014 et la livre sterling un dixième.
Les dividendes ordinaires versés par les entreprises d’Europe continentale prises en compte par Henderson souffrent ainsi d’un effet de change négatif de 19%; ce dernier atteint -20% pour les sociétés japonaises et -7% pour les britanniques.
«Les effets de change ont un impact négligeable à long terme, ce qui signifie que les investisseurs ont pu les ignorer. Les fluctuations peuvent toutefois avoir un impact considérable à court terme. C’est ce qui se passe à l’heure actuelle», précise Henderson, qui évalue cet effet à 12 points de pourcentage sur le taux de croissance des dividendes au deuxième trimestre, «de loin le plus important jamais enregistré» par le gestionnaire depuis le lancement de son étude trimestrielle.
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