Le russe VimpelCom cherche à renégocier les accords passés avec Naguib Sawiris
La prise de contrôle des activités télécoms de l’homme d’affaires égyptien Naguib Sawiris, logées dans la holding Weather Investments, par le russe VimpelCom se complique singulièrement. Le norvégien Telenor, l’un des deux actionnaires de référence de VimpelCom avec 39,6% du capital et 36% des droits de vote, a en effet formellement déclaré lundi que cette transaction «n’allait pas dans le sens des intérêts stratégiques ou financiers de ses actionnaires» et qu’il n’apportait donc pas son soutien à l’opération. Les trois administrateurs de Telenor au conseil d’administration de l’opérateur russe (sur un total de neuf) ont donc voté négativement sur le projet de rachat sous sa forme actuelle.
S’élevant à 6,5 milliards de dollars, l’offre de VimpelCom porte sur le rachat de Wind, troisième opérateur mobile italien, et sur la prise d’une participation de 51,7% dans l’opérateur égyptien Orascom Telecom. Selon cet accord, Telenor devait voir sa participation dans la nouvelle entité diluée à 31,7% contre 39,6%. L’autre grand actionnaire est la société russe Altimo qui détient 39,2% du capital, le reste étant aux mains de minoritaires. Il avait été demandé aux deux actionnaires principaux de renoncer à leur droit de veto en cas d’augmentation de capital du groupe russe, ce qui supposait de modifier leur pacte d’actionnaires.
Telenor «est mis à contribution pour des actifs qui ne sont pas particulièrement bon marché tout en devant abandonner une partie de son influence», commente Dalibor Vavruska, analyste chez ING, en ajoutant qu’un prix plus équitable serait de l’ordre de 4,5 milliards de dollars. «Nous n’avons rien enterré et sommes bien sûr disposés à étudier ce que l’organisation présentera» a néanmoins déclaré un porte-parole de Telenor à propos d’une offre révisée.
Le conseil d’administration de VimpelCom a autorisé le directeur général Alexander Izosimov à négocier «les termes et conditions selon lesquels Weather serait prêt à conclure une transaction sur de nouvelles bases», mais sans modifier le pacte d’actionnaires actuel. Ceci sera loin d’être simple, car l’homme d’affaires égyptien a déclaré hier qu’il étudierait la nouvelle offre de VimpelCom, tout en prévenant que son montant ne devait pas changer.
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