Le Royaume-Uni veut donner un coup de fouet à ses placements privés
Les placements privés continuent d’alimenter la réflexion en Europe. Alors que la France est sur le point de se doter d’une charte pour mieux encadrer les relations entre émetteurs et investisseurs, le Royaume-Uni tente également de son côté d’ordonner son marché pour aider à son décollage. La Loan Market Association (LMA) vient de mettre sur pied un groupe de travail dont la mission est d’établir d’ici à la fin de l’année un modèle de documentation.
«Même si d’autres freins existent à la création d’un véritable marché européen des placements privés, il est admis que la rédaction d’un modèle standard constituera une première avancée en apportant un cadre et un langage commun aux différents intervenants dans ce type d’émission», explique la LMA.
Ce modèle s’inspirera des contrats déjà établis par la LMA pour les financements investment grade. Le groupe de travail se focalisera d’ailleurs dans un premier temps uniquement sur les sociétés les mieux notées, même si la LMA n’exclut pas à l’avenir d’élargir le cadre à d’autres types d’émetteurs.
La rédaction de cette documentation standard vise notamment à répondre aux critiques des entreprises de taille intermédiaire (ETI) et PME britanniques, auxquelles se destinent les placements privés de dette. Le rapport commandé en 2012 à Tim Breedon, alors directeur général de Legal & General, sur les marchés de dette alternatifs, chiffrait à 120.000 livres au minimum le coût de rédaction de la documentation juridique pour un placement privé, chaque opération étant différente d’une autre. La standardisation permettrait de réduire cette charge de 75%, indiquait le rapport.
En développant un modèle standard, le Royaume-Uni souhaite accélérer le développement de ce marché, alors que les émetteurs britanniques ont souffert d’une contraction du crédit bancaire bien plus forte qu’en France ou en Allemagne, et que les investisseurs se plaignent d’une transparence encore trop faible. Aux Etats-Unis, environ 0,2% du total des actifs gérés par les investisseurs institutionnels va vers des placements privés.
En appliquant ce ratio au marché britannique, cela conduirait à 15 milliards de livres potentiels (18 milliards d’euros), calculait le rapport Breedon, soit 2,5 à 5 fois plus que la taille estimée actuelle des placements privés britanniques.
{"title":"","image":"80677»,"legend":"Les placements priv\u00e9s continuent d\u2019alimenter la r\u00e9flexion en Europe.»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester