Le redressement d’Air France-KLM prendra davantage de temps que prévu
Un contexte économique jugé «encore peu porteur» l’an prochain va contraindre Air France-KLM à mettre en œuvre de nouvelles mesures pour améliorer sa rentabilité et faciliter son désendettement. La performance insuffisante d’Air France dans le moyen-courrier devrait ainsi conduire l’ensemble du groupe à une perte d’exploitation de 650 millions d’euros pour cette activité en 2013 (après -850 millions l’an dernier), tandis que sa perte dans le fret sera réduite de seulement 50 millions, contre une diminution de 140 millions anticipée jusqu’alors.
La compagnie franco-néerlandaise a donc annoncé une réduction de 32% de la capacité de sa flotte tout-cargo d’ici à 2015, afin de générer 200 millions d’économies et de parvenir à l’équilibre dans le fret à cet horizon. Un nouveau plan de départs volontaires et des efforts de modération salariale devraient par ailleurs produire 500 millions d’économies dans le moyen courrier sur la période. Mais Air France-KLM prévient que cette activité «sera encore en perte en 2015 dans les conditions économiques actuelles».
Comme le plein effet de ces initiatives complémentaires se fera sentir en 2015, l’excédent brut d’exploitation devrait atteindre en 2014 le bas de la fourchette de 2,5 à 3 milliards d’euros précédemment annoncée. L’objectif de désendettement de 2 milliards d’euros par rapport au niveau de fin 2011 est pour sa part décalé d’un an, ce qui correspondrait à une dette nette de 4,5 milliards à fin 2015, contre 5,4 milliards au 30 septembre dernier.
A cette date, la liquidité globale du transporteur aérien atteignait 6,1 milliards d’euros, comprenant 4,3 milliards de trésorerie et des lignes de crédit disponibles totalisant 1,8 milliard. Ces facilités se décomposent en une ligne de 1,06 milliard pour Air France et une autre de 540 millions afférente à KLM, toutes deux à échéance 2016, plus une ligne de 200 millions dévolue à Air France-KLM, valable jusqu’en 2017.
Les analystes d’Oddo Securities relèvent que le bénéfice net de 144 millions d’euros au troisième trimestre, nettement inférieur au consensus, «intègre une provision de restructuration plus importante qu’attendue à 216 millions d’euros et une dépréciation de la valeur résiduelle des titres Alitalia de 137 millions». Le bénéfice d’exploitation courant, en progression de 29,1% à 634 millions, a cependant été soutenu par la hausse de 2,7% de la recette unitaire passagers, hors effets de change.
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