Le projet de cotation de Sunrise illustre l’attrait des télécoms suisses
Le marché helvétique de la téléphonie mobile s’anime, en raison de son attrait et des velléités de sortie des fonds d’investissement. Après la cession d’Orange Suisse par Apax Partners à Xavier Niel (le fondateur de Free), Sunrise Communications, le deuxième opérateur du pays, a annoncé hier l’intention d’entrer en Bourse au cours du premier semestre. Son capital est aujourd’hui contrôlé à 90% par CVC Capital Partners.
Sunrise, qui a réalisé 2 milliards de francs de chiffre d’affaires et 621 millions d’Ebitda annuels au 30 septembre 2014, espère lever 1,35 milliard de francs (1,2 milliard d’euros). CVC a prévu une option de surallocation qui accroîtra de 15% la taille de l’introduction.
La part du capital flottant n’a pas été communiquée, ni celle conservée par CVC. Un multiple de huit fois l’Ebitda, légèrement inférieur à celui de Swisscom, valorise Sunrise à 5 milliards de francs. Le fonds a acquis Sunrise en 2010 pour 3,3 milliards de francs.
Le produit de l’opération servira à réduire sa dette nette, qui représente 4,7 fois son Ebitda. «Les recettes issues de l’émission permettront à l’entreprise de renforcer son bilan et de saisir les opportunités de croissance qui s’offrent à elle», indique le groupe, qui cite par exemple les technologies intégrées de réseaux fixe et mobile. Se présentant comme le «principal challenger» de la Confédération, l’opérateur revendique une part de marché de 27% en téléphonie mobile, mais de seulement 9% dans l’internet haut débit. D’où ses ambitions dans le contexte de convergence des technologies. L’effet de la réduction de sa dette s’ajoutera à une politique d’investissement maîtrisée, après le milliard de francs dépensés ces trois dernières années: Sunrise anticipe ainsi une «hausse sensible» de ses liquidités. L’ensemble «devrait stimuler la conversion [de l’Ebitda, ndlr] en flux de trésorerie». De quoi séduire ses futurs actionnaires. «Nos perspectives de croissance sont réjouissantes et nous sommes convaincus que nos solides flux de trésorerie nous permettront de récompenser généreusement nos actionnaires», déclare le directeur général de Sunrise, Libor Voncina.
Au titre de 2015, le groupe est «tenu» à un dividende absolu de 135 millions de francs. A partir de 2016, Sunrise s’engage à distribuer 65% de son cash flow libre. Une fois sa dette nette réduite à 2,5 fois son Ebitda, il prévoit de reverser l’excédent aux actionnaires.
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