Le PDG de Nexans abaisse les objectifs à 2015 mais reste en place
Contesté par des actionnaires minoritaires, Frédéric Vincent, le PDG de Nexans, a obtenu hier le soutien unanime de son conseil d’administration. Mais face à la dégradation des résultats du fabricant de câbles, le dirigeant a renoncé à sa rémunération variable, qui aurait dû s’élever à 472.000 euros au titre de 2013. Inchangé depuis 2011, son fixe sera maintenu à 800.000 euros en 2014.
La dégradation des conditions d’activité au second semestre 2013 conduit le groupe à revoir en baisse les objectifs de son plan stratégique 2013-2015. A cours des métaux constants, il anticipe désormais sur cette période une progression annuelle de ses ventes comprise entre 4,5% et 5,5% (contre +5% à +6% auparavant) et vise une rentabilité d’exploitation récurrente de 5,1% à 5,7% (contre 6,2% à 7,1%) en 2015. Le retour sur capitaux employés est attendu «au-dessus de 9%» à cette échéance, contre une fourchette de 10,1% à 11,6% précédemment ciblée, ce qui nourrit une partie des critiques des minoritaires, représentés par l’Adam.
En 2013, des dépréciations d’actifs de 130 millions d’euros, plus 180 millions de provisions et charges de restructuration, principalement en Europe et en Australie, ont débouché sur une perte nette de 333 millions. Dans ce contexte, Nexans proposera à l’assemblée générale du 15 mai de ne pas distribuer de dividende.
Le groupe compte mener à bien «dans un délai d’environ 3 mois» la vente de ses activités en Egypte et en Argentine, dont la valeur bilancielle a dans les deux cas été fortement réduite. «La régionalisation du marché, qui se traduit par l’émergence d’acteurs dont la position concurrentielle est localement forte, incite Nexans à cibler plus finement les pays ou les secteurs industriels sur lesquels il doit concentrer ses efforts pour accroître sa masse critique», explique à L’Agefi le directeur financier Nicolas Badré.
Si le groupe prévoit un résultat d’exploitation en progression cette année, la réorganisation, combinée à des investissements industriels d’environ 200 millions d’euros par an jusqu’en 2015, entraînera une hausse de l’endettement net par rapport aux 337 millions d’euros de fin 2013. L’analyse crédit de CM-CIC Securities relève cependant que «la liquidité du groupe est assurée par 987 millions d’euros de disponibilités et une ligne de crédit confirmée non tirée de 597 millions».
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