Le ministère de l’Economie se saisit du litige entre But et le fabricant de Dunlopillo
Le dossier est remonté jusqu’au ministère de l’Economie. Depuis la semaine dernière, Pierre Pélouzet, le médiateur national des relations interentreprises, a été chargé de déminer les relations entre le Groupe But et Cauval, son principal fournisseur de literie connu pour les marques Treca ou Dunlopillo. Censée être confidentielle, la médiation a été officialisée par But vendredi alors que le conflit a provoqué un mouvement social dans les usines françaises du fabricant de matelas. Une première réunion est prévue demain.
Les relations entre le client et son fournisseur n’ont pas toujours été de tout repos. Un prêt exceptionnel sans intérêt consenti en 2013 par But à Cauval, et remboursé avec retard par compensation de factures, avait déjà tendu le climat. Il s’est encore plus dégradé en décembre 2014. Comme l’a récemment relaté Mediapart, alors que les soldes se préparent, Cauval s’étonne de ne pas voir ses marques dans les catalogues de But. Des notes envoyées aux franchisés du groupe d’ameublement évoquent le possible non-référencement du fournisseur en 2015.
Cauval y voit une rupture de contrat brutale, contraire aux règles de la profession, et craint pour sa viabilité, déjà fragile, encore plus au moment où il cherche de nouveaux investisseurs. La vente de literie à But représente environ 50 millions d’euros par an, soit près du quart du chiffre d’affaires annuel réalisé en France par Cauval. La direction du fournisseur est d’autant plus remontée qu’elle soupçonne les actionnaires de But (Goldman Sachs, Colony Capital et OpCapita) de vouloir précipiter ses difficultés pour racheter l’entreprise. Dans un mail envoyé à un investisseur français, le directeur général d’OpCapita se dit «être potentiellement intéressé par acheter l’activité».
Vendredi, la chaîne de magasins de meubles a jugé «sans fondement» la rumeur d’un rachat de Cauval par le Groupe But et l’a démentie «catégoriquement». Elle a également assuré n’avoir «jamais déréférencé les produits Cauval», estimant au contraire n’avoir pas été servie dans les délais et les quantités prévues par son fournisseur. Jean-Pierre Versini-Campinchi, l’avocat de Cauval, ne souhaite pas faire de commentaires.
Le médiateur national va devoir trouver une solution rapidement. Employant 2.000 salariés en France, Cauval doit encore environ 28 millions d’euros de dettes fiscales à l’Etat.
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