Le marché veut croire dans le succès de l’opération de GE sur Alstom
Alstom a soutenu le CAC 40 hier, les investisseurs ayant plébiscité la probabilité d’un feu vert de la Commission européenne à l’acquisition de la branche énergie d’Alstom par General Electric, pour 12,35 milliards d’euros. L’action du groupe français a progressé jusqu’à +8,1% en journée, pour clore la séance en hausse de 7,2%, à 27,76 euros. Vendredi soir, deux sources proches des discussions entre Bruxelles et le conglomérat américain avaient indiqué à Reuters que la transaction avait toutes les chances d’aboutir.
La Commission, qui a ouvert une enquête approfondie sur l’opération en février, s’est donné jusqu’au 21 août pour approuver ou rejeter l’opération; mais elle peut prolonger sa réflexion jusqu’au 11 septembre pour étudier d’éventuelles récriminations de concurrents ou de clients d’Alstom. A l’inverse, elle est libre de donner sa réponse plus tôt.
Dans un premier temps, Bruxelles avait exprimé des griefs: l’acquisition de la branche énergie d’Alstom n’aurait laissé que deux fabricants de turbines à gaz en Europe, GE et l’allemand Siemens – l’italien Ansaldo étant considéré comme un concurrent de niche. Un autre concurrent à l’échelle mondiale serait Mitsubishi Hitachi Power Systems.
Mi-juillet, le conglomérat américain avait annoncé avoir proposé des concessions. «Ces solutions répondent aux griefs de la Commission, tout en préservant l’intérêt économique et stratégique de l’opération», lisait-on dans le communiqué de l’époque. GE n’a pas donné de détails, mais Bloomberg indiquait fin juillet que le groupe aurait proposé de vendre certains actifs d’Alstom à Ansaldo. En outre, désireux de faciliter la tâche de GE, Alstom a annoncé fin juillet qu’il contribuerait financièrement aux concessions, en réduisant de 300 millions d’euros le prix d’achat de sa branche énergie (soit un montant final de 12,05 milliards).
En cas d’accord, Bruxelles se sera montré plus conciliante avec GE qu’il y a 14 ans, lorsqu’elle avait bloqué son projet d’acquérir son compatriote Honeywell International pour 42 milliards de dollars – à la grande colère des autorités américaines, qui avaient approuvé l’opération.
L’acquisition de l’activité énergie d’Alstom a, elle, la bénédiction des autorités françaises depuis juin 2014. En cas de feu vert de Bruxelles, l’Etat achètera 20% du capital d’Alstom, soit sur le marché, soit au français Bouygues, qui détient 29% d’Alstom. Pour GE, l’opération serait la plus importante qu’il a jamais menée.
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