Le marché s’interroge sur les raisons du départ de Gilles Pélisson chez Accor
Le conseil d’Accor met une nouvelle fois son patron à la porte. Cinq après le départ de Jean-Marc Espalioux poussé vers la sortie par le conseil de surveillance, le conseil d’administration du groupe hôtelier a créé la surprise hier en «organisant le départ» de Gilles Pélisson, l’actuel PDG, pour «divergences stratégiques». Des propos sibyllins qu’Accor s’est refusé à expliciter. Colony et Eurazeo, qui détiennent de concert 27,4% du capital d’Accor, et disposent aussi de 4 sièges sur 11 au conseil, ne semblent pas étrangers à cette décision. Toutefois, Colony n’était pas joignable hier.
Denis Hennequin, PDG de McDonald’s Europe et administrateur d’Accor depuis l’an dernier, deviendra directeur général dès le 1er décembre et PDG à compter du 15 janvier 2011, date de départ du groupe de Gilles Pélisson.
Si l’échec de la mise en Bourse de Groupe Lucien Barrière ne semble pas imputable au patron sortant d’Accor, peut-être s’agit-il «d’une volonté d’acquisition hôtelière promue par Gilles Pélisson et refusée par le conseil; d’une accélération de la politique de cession de murs (imminente selon nous mais peut-être promue plus agressivement par le conseil); d’une cession de Sofitel prônée par le conseil ?», s’interroge Oddo, évaluant Sofitel à 1 milliard d’euros et les murs en propre à 4,3 milliards d’euros, contre des cessions annoncées limitées à 1,6 milliard. Pour 2010, Accor a relevé en août son objectif de cessions d’actifs de 450 à 600-650 millions d’euros.
Le point d’achoppement peut aussi résulter «du nombre insuffisant d’ouvertures de chambres (25.000 chambres sur 2010 avec un objectif à moyen terme compris entre 35.000 et 40.000 chambres par an), notamment en franchise», relève le bureau Raymond James. A horizon 2015, Accor veut 28% de son parc de chambres en franchise et 30% sous contrat de management contre respectivement 21% et 22% fin 2009.
D’ailleurs, la nomination de Denis Hennequin, reconnu par tous comme un spécialiste de la franchise, «est liée à la volonté des actionnaires du groupe et notamment Eurazeo et Colony Capital d’accélérer le développement en franchise d’Accor, ce dont nous ne doutions pas avant ce changement à la tête de l’exécutif», assure CM-CIC. Toutefois, l’arrivée de cette nouvelle tête «fait peser quelques risques (retard dans l’accélération de l’asset management, nouveaux changements dans l’équipe dirigeante) », ajoute Oddo.
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