Le marché s’inquiète du départ de la directrice générale de Thomas Cook
Rarement le départ d’un dirigeant aura été sanctionné aussi sévèrement. L’action Thomas Cook a chuté hier de 17,69% à 113,50 pence à l’annonce d’un ralentissement de la croissance en 2015 et du départ surprise de sa directrice générale Harriett Green seulement deux ans après son arrivée. Dans ce laps de temps, elle a de main de maître redressé Thomas Cook, d’où le désarroi des investisseurs. Elle a notamment réduit les effectifs, fermé les agences les moins rentables et cédé des actifs pour diminuer la dette.
Sous son mandat, l’action a rebondi de 14 pence à 137,9 pence, soit une capitalisation passée de 148 millions de livres à près de 2 milliards. «J’ai toujours dit que je voulais aller dans une autre société avec de nouveaux défis, une fois mon travail accompli. C’est maintenant le moment», explique Harriett Green, sans pour autant avoir déjà un nouveau poste. Elle est remplacée par Peter Fankhauser, directeur général des opérations depuis 2013, après avoir dirigé la zone Royaume-Uni et Europe continentale.
Ce départ est «potentiellement déstabilisant», note Barclays. «La transformation de Thomas Cook est loin d’être achevée, ajoute un analyste de Numis. Le moment choisi [pour partir] est malheureux, alors que l’environnement commercial semble se dégrader». Toutefois, «avec du recul, nous restons confiants dans les perspectives de redressement et pensons que le point d’inflexion est proche», précise Jefferies.
«Nous passons désormais à une nouvelle phase où la mise en œuvre de cette stratégie devient l’élément le plus important et en conséquence, nous avons le sentiment que le moment est venu de nous tourner vers quelqu’un qui a été préparé à devenir directeur général dans notre secteur», a expliqué Frank Meysman, président non exécutif de Thomas Cook, tout en précisant qu’il n’y avait pas de désaccord sur la stratégie et que le plan de succession a été préparé depuis un an.
Thomas Cook a dévoilé ses résultats annuels, clos fin septembre. Après une croissance de 82% de son résultat d’exploitation sous-jacent en 2013, le groupe a affiché une hausse de 43% à 323 millions de livres en 2014. Toutefois, au regard de l’environnement économique plus difficile, Thomas Cook mise sur une progression «plus mesurée» en 2015. Par ailleurs, le groupe compte réduire de 100 à 150 millions de livres sa dette nette cette année, par rapport aux 326 millions de fin septembre 2014.
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