Le marché des PME-ETI cotées a résisté en 2011 mais a besoin d’être soutenu

La révision des directives européennes et la création d’une Bourse dédiée à ce segment sont les objectifs les plus attendus pour 2012
Bruno de Roulhac

«Les marchés financiers de PME-ETI ont montré une bonne résistance face à la crise», s’est félicité Thierry Giami, président de l’Observatoire du financement des entreprises par le marché, à l’occasion de la publication du rapport 2011. Malgré un contexte dégradé, 22 sociétés ont accédé au marché financier, essentiellement sur Alternext, pour 30 qui ont quitté la cote, soit un portefeuille de 562 sociétés. Les capitaux levés, essentiellement en secondaire, ont crû de 5% à 1,8 milliard d’euros. Les PME-ETI cotées capitalisaient 62 milliards d’euros fin 2011, en chute de 25% en un an.

Alors que le marché souffre actuellement de la prudence des investisseurs, et que les entreprises limitent leurs investissements, quatre dossiers en cours devraient soutenir ce marché des PME-ETI cotées.

D’une part, la révision des directives européennes (Prospectus, MIF, Abus de marché, et Transparence) prend davantage en compte les spécificités des valeurs moyennes, même si la France reste parfois le seul pays à les demander. Reste aussi à définir la notion de «small caps», moins de 100 millions d’euros de capitalisation boursière pour Bruxelles, et moins d’un milliard d’euros en France.

D’autre part, Nyse Euronext et la Caisse des dépôts réfléchissent aux contours d’une Bourse dédiée aux PME-ETI. Au début du mois, le Comité d’orientation stratégique de l’entreprise de marché a proposé la création d’une «Bourse de l’Entreprise» paneuropéenne. Le projet est soumis à consultation jusqu’au 17 septembre. Si cette proposition marque une avancée, elle est toutefois loin du projet Rameix Giami, qui tablait plutôt sur une Bourse nationale, avec un capital non contrôlé par Nyse Euronext. Le LSE pourrait également lancer une offensive en France sur ce terrain.

De plus, l’ouverture du marché obligataire aux valeurs moyennes devrait leur donner un nouvel attrait. A l’instar de l’émission obligataire de 9,4 millions d’euros, à un taux brut de 8%, que vient de boucler AgroGeneration, coté sur Alternext. Au regard du rendement élevé, les particuliers pourraient revenir sur ce segment qui devrait être préféré par les émetteurs à l’augmentation de capital, dilutive.

Enfin, l’augmentation du financement des entreprises par le marché financier avec le concours des organismes de la place financière, de Bercy et des membres de l’Observatoire, serait un atout de plus.

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