Le Groupe Zannier règle en famille la cession de la marque IKKS
Mise en vente en début d’année par le Groupe Zannier, IKKS va rester dans la famille. La marque de prêt-à-porter va être rachetée par HoldIKKS, une structure d’investissement immatriculée en juin dernier et présidée par Roger Zannier, le fondateur éponyme du groupe d’habillement détenu par la famille et les salariés. Une opération habile, financée grâce à l’exubérance actuelle du marché obligataire high yield.
HoldIKKS est en train de placer 320 millions d’euros de dette, avec l’appui de Goldman Sachs, Natixis, SG CIB et UBS. Les titres ont une maturité de 7 ans et seront cotés à Dublin. A cela s’ajoute un crédit revolving de 40 millions d’euros et un crédit bail de 66 millions. Le financement de l’acquisition comprend un prêt d’actionnaire PIK (payment in kind) de 57 millions d’euros, représentant environ 36% de la valeur d’achat. Les fonds levés seront placés sur un compte séquestre, le temps que le Groupe Zannier et HoldIKKS bouclent la cession.
Essentiellement présent en France, grâce à un réseau de boutiques en centre-ville ou dans les grands magasins, IKKS a dégagé en 2013 un chiffre d’affaires de 303,5 millions d’euros. Son Ebitda pro forma a atteint 62,3 millions d’euros, soit une marge de 20%. Selon S&P, qui a noté «B+» HoldIKKS, le groupe devrait être en mesure de maintenir un niveau de marge opérationnelle compris entre 23% et 25% au cours des trois prochaines années. Fitch, dont la note est «B», ajoute que le positionnement d’IKKS, haut de gamme citadin, l’expose moins à la volatilité économique et à la compétition des grandes enseignes. Mais la croissance de son chiffre d’affaires repose sur le rythme d’ouverture des magasins: l’an dernier, sans les nouvelles boutiques, les revenus ont baissé de 1,3%.
Selon S&P, à fin 2014 la dette nette de HoldIKKS représentera 5,3 fois l’Ebitda de la société. Le ratio devrait revenir à 4,5 fois en 2016, grâce à la génération de cash flows (15 millions attendus en 2014 et 20 millions en 2016). IKKS ne devrait pas faire remonter de dividendes vers ses actionnaires. Compte tenu des liens entre le vendeur et l’acheteur, Fitch attire l’attention sur un éventuel risque de gouvernance tout en appréciant la nomination de deux administrateurs indépendants au conseil.
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