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Le groupe français Virbac paie au prix fort le rachat de deux produits vétérinaires d’Eli Lilly
Le groupe français Virbac paie au prix fort le rachat de deux produits vétérinaires d’Eli Lilly
Les 410 millions de dollars déboursés représentent plus de 4 fois le chiffre d’affaires acquis. Les ratios d’endettement du groupe vont doubler
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Yves-Marc Le Réour
Un peu plus de deux mois après avoir signé un accord avec Eli Lilly, le groupe Virbac a annoncé hier avoir finalisé auprès du géant américain le rachat de deux antiparasitaires pour chien pour un montant global de 410 millions de dollars (342 millions d’euros). Cette transaction, la plus importante réalisée par le spécialiste français de la santé animale, découle de l’acquisition par Eli Lilly de la division de santé animale du suisse Novartis que la Commission américaine du commerce (FTC) a autorisée, moyennant la cession de ces produits vétérinaires.
Le montant de l’opération «est assez élevé mais il est justifié par la valeur de la marque Sentinel aux Etats-Unis et les perspectives que cela donne à notre filiale américaine», a expliqué lors d’une conférence de presse téléphonique Eric Marée, président du directoire de Virbac. De fait, le prix payé dépasse 4 fois le chiffre d’affaires des activités rachetées, contre un multiple d’environ 2,5 fois estimé par les analystes d’Oddo Securities en octobre dernier.
Grâce à cette acquisition, Virbac devrait réaliser cette année sur le marché américain des animaux de compagnie un chiffre d’affaires d’environ 230 millions de dollars, en progression de 77% par rapport à 2014, tandis que sa part de marché passera de 4% à près de 7%. Il augmentera ainsi sa masse critique par rapports à des concurrents comme Merial, filiale de Sanofi, ainsi que Merck ou Boehringer.
Le groupe, dont 49,7% du capital et 65,7% des droits de vote sont aux mains de la famille Dick, pourra s’appuyer sur ses propres forces commerciales et sur une partie des équipes de Novartis, ce qui doublera ses effectifs à 160 personnes outre-Atlantique. Il attend en conséquence des synergies «substantielles» de ce rachat qui aura un effet relutif sur son excédent brut d’exploitation (EBE) dès 2015. Cet impact sera relutif «de façon certaine» sur le bénéfice par action sur l’exercice 2016 et peut-être dès cette année, a souligné Eric Marée.
Le ratio d’endettement net sur fonds propre devrait pour sa part monter à 100% à fin décembre 2015 alors qu’il était en dessous de 50% fin 2014, tandis que le ratio d’endettement net sur EBE, inférieur à 1,5 fois au 31 décembre dernier, devrait rester inférieur à 3 fois à la fin de l’année 2015.
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