Le départ de Steve Ballmer confirme la nouvelle orientation de Microsoft
A la tête de Microsoft depuis le début de l’an 2000, le directeur général Steve Ballmer prévoit de quitter ses fonctions d’ici à un an, mettant fin à une carrière entièrement effectuée au sein du groupe de Redmond. «Il n’y a jamais de moment parfait pour ce type de transition, mais le moment est venu», a déclaré Steve Balmer dans un message adressé au personnel. Agé de 57 ans, il a expliqué sa décision par le fait que Microsoft «se transforme en entreprise d’appareils électroniques et de services» et qu’elle a de ce fait «besoin de quelqu’un qui sera là à long terme pour la mener dans cette direction».
Cette perspective de changement a été saluée par les investisseurs qui ont fait gagner à l’action Microsoft jusqu’à 8,5% suite à cette annonce, le titre ayant terminé la séance de vendredi sur une hausse de 7,3% à 34,75 dollars à New York. Dirigeant compétent, Steve Ballmer «ne possédait pas cette capacité qu’ont les visionnaires d’anticiper certains virages technologiques», juge Richard Williams, analyste chez Cross Research.
Ayant notamment manqué le tournant des appareils mobiles connectés, le leader mondial des logiciels peine désormais à rattraper son retard. Il a dû se résoudre à baisser le prix de sa tablette électronique «Surface», lancée à l’automne 2012, ce qui a provoqué de lourdes dépréciations d’actifs. Il pâtit aussi du déclin des ordinateurs personnels (PC), qui s’est traduit par des ventes décevantes de Windows 8, dernière version de son système d’exploitation.
Le conseil d’administration va créer un comité spécial pour rechercher un nouveau directeur général. Piloté par John Thompson, administrateur indépendant, ce comité inclura le président du conseil d’administration et cofondateur de l’entreprise Bill Gates. Steve Ballmer, qui restera à son poste durant cette période, demeurera l’un des plus importants actionnaires du groupe, avec actuellement 4% du capital. Malgré le repli de 36% du titre depuis sa nomination comme directeur général, sa fortune est estimée à 16 milliards de dollars, contre 71,3 milliards pour Bill Gates, selon Bloomberg.
Les nombreux remaniements effectués le mois dernier au sein des équipes dirigeantes n’ont pas fait apparaître d’héritier en interne. «Cela ne va pas être une recherche facile», estime Michael Obuchowski, gérant de portefeuille chez North Shore AM à New York. «Les attentes sont élevées et Microsoft ne peut pas se permettre une erreur», conclut-il.
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