«Le Collège de l’AMF décide en toute opportunité d’ouvrir une procédure de sanction»
- L’AGEFI : N’avez-vous pas tendance à poursuivre davantage les petites sociétés ?
- BENOIT DE JUVIGNY : Absolument pas. Nous avons même le souci d’être plus ferme avec les grands groupes – à l’instar de la condamnation de LVMH dans l’affaire Hermès ou plus récemment d’Elliott – et pour les opérations d’envergure, comme les manquements d’initiés sur les titres Geodis et Ilog.
- Comment le Collège décide-t-il d’une procédure de sanction ?
Lorsque le Collège étudie le rapport de contrôle ou d’enquête, il décide en toute opportunité d’ouvrir ou non une procédure de sanction, comme le ferait un procureur. Nous pouvons par exemple décider de ne pas poursuivre un présumé manquement d’initié si nous estimons le lien d’initié juridiquement fragile et si par ailleurs une moins-value a été dégagée sur l’opération. Nous évaluons également la pertinence de poursuivre une société qui n’exerce plus d’activités.
- Comment expliquez-vous des positions parfois opposées du Collège et de la commission des sanctions ?
- Nous pouvons avoir des divergences d’appréciation, mais cela reste peu fréquent. Notamment sur les manipulations de marché, difficiles à qualifier et à établir. Toutefois, nous avons la possibilité de faire appel de la décision de la commission des sanctions.
- Pourquoi certaines décisions de la commission des sanctions ne sont-elles jamais publiées ?
- Cette possibilité n’a été utilisée qu’une ou deux fois depuis la création de l’AMF. Si la publication perturbe gravement le marché ou cause un préjudice disproportionné, la loi permet à la commission des sanctions d’y renoncer.
- Lors d’une mise hors de cause, ne pourrait-on pas imaginer que l’AMF soit condamnée aux dépens ?
- Rien ne le justifie. Comme au pénal – mais à la différence du civil – nous n’avons pas à rembourser les frais engagés. Si la procédure a été ouverte, c’est que nous l’estimions justifiée.
- Ne pourriez-vous pas élargir le champ d’application des accords de composition administrative ?
- Cela fait partie des sujets que nous voulons promouvoir auprès du législateur. Aux manquements aux obligations professionnelles, nous souhaitons ajouter des manquements mineurs à l’information financière et à la commercialisation de produits financiers qui ne relèvent pas d’abus de marché. Ces dossiers doivent être juridiquement simples et la transaction acceptée par l’autre partie. Nous avons déjà eu des refus. Les transactions passées se sont élevées de 10.000 à 500.000 euros.
{"title":"","image":"81059»,"legend":"BENOIT DE JUVIGNY»,"credit":""}
Plus d'articles du même thème
-
Novartis relève ses objectifs pour faire oublier deux échecs cliniques
Le géant de l’industrie pharmaceutique a inscrit une dépréciation de 1,9 milliard de dollars dans ses comptes au troisième trimestre mais ses performances opérationnelles rassurent les investisseurs. -
IK Partners et NextStage améliorent leur offre de retrait sur Eurobio
Déjà à la tête de 90,14% du capital du spécialiste du diagnostic in vitro, les majoritaires complètent de 1,25 euro par action le prix de l'offre projetée. Celle-ci valorise le capital d'Eurobio à 267,3 millions d'euros. -
La dynamique du crédit en zone euro reste mollement positive
La croissance annuelle des prêts bancaires aux entreprises est ressortie stable en septembre malgré une baisse des flux nets mensuels, notamment sur les prêts longs supérieurs à 5 ans.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
Contenu de nos partenaires
-
In folioLittérature : Caspar David Friedrich au-dessus des nuages
Plutôt qu’un livre de vulgarisation ou un roman biographique comme on en a lu tant ces dernières années, Illies a choisi d’écrire des fragments, qu’il a ingénieusement agencés dans des chapitres titrés d’après les quatre éléments, le feu, l’air, la terre et l’eau -
Inflation, chômage, pouvoir d'achat : le moral des Français au plus bas depuis treize ans
L’Insee a publié une enquête ce mardi et alerte du décrochage de la confiance des Français sur la situation économique de la France -
Opération séduction sur les plateaux : l'exécutif mobilisé pour éteindre le feu lycéen
Ce mardi, Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, a appelé au retour en classes, tandis que David Amiel, ministre des Comptes publics, a annoncé des efforts budgétaires supplémentaires pour financer les mesures annoncées