L’avis motivé du Club Med sur l’OPA devra répondre aux questions de l’Adam

Colette Neuville conteste l’absence d’égalité d’information et de traitement des actionnaires et demande des détails sur les conditions du LBO
Bruno de Roulhac

Alors que le Club Méditerranée évolue toujours au-dessus des 17 euros offerts par Axa Private Equity, le fonds chinois Fosun et le management du Club dans le cadre de l’OPA annoncée fin mai, la grogne de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) ne cesse pas. Sa présidente, Colette Neuville, conteste vivement l’absence d’égalité d’information et de traitement des actionnaires et demande à l’AMF de ne pas déclarer l’offre conforme en l’état. L’Adam avait déjà demandé la nomination d’un nouvel expert indépendant, en raison des conflits d’intérêts entre Accuracy et Axa PE.

Pour l’Adam, ce montage ressemble à un délit d’initiés, l’offre ayant été préparée par les deux principaux actionnaires de la société, siégeant au conseil, et par les deux dirigeants du Club. «Pour éviter le délit d’initié, il faut que toutes les informations qui ont été utilisées pour préparer le LBO et le plan d’affaires présenté aux banques pour obtenir les crédits soient publiés, explique Colette Neuville. Il s’agit de rétablir l’égalité d’information, d’une part avec d’éventuels compétiteurs, d’autre part avec les actionnaires à qui s’adresse l’offre».

Plus fondamentalement, l’Adam s’interroge sur l’intérêt de cette offre pour la société. Les dirigeants et les principaux actionnaires demeureront en place, et la stratégie sera maintenue. En outre, cette offre n’apportera aucun argent frais au groupe. Bien au contraire, puisqu’elle devra rembourser la dette LBO. Dans le cas d’un succès à 100%, l’opération sera financée à hauteur de 240 millions par emprunt bancaire, auquel s’ajoutent un crédit complémentaire de 175 millions (notamment pour le refinancement de la dette et des Oceanes) et une ligne de 160 millions pour financer toute distribution exceptionnelle.

Aussi, l’Adam s’interroge sur le plan de remboursement, et sur la cohérence entre les prévisions de cash flow futur prévu dans ce cadre et le DCF utilisé pour fixer le prix de l’offre. De même, l’Adam conteste la mise à l’écart de l’actif net réévalué pour valoriser le Club, estimant que le prix de 17 euros valorise tout juste la valeur non réévaluée de l’immobilier, alors même que les actifs cédés ces dernières années l’ont été environ 25% au-dessus de leur valeur comptable.

L’avis motivé du conseil du Club et le rapport de l’expert indépendant, Accuracy, attendus demain, devraient apporter des réponses à ces questions.

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