L’APE devra vendre pour 5 milliards d’euros de participations pour tenir le budget 2015
Régis Turrini, le nouveau commissaire de l’Agence des participations de l’Etat (APE), ne va pas chômer. Le projet de loi de Finances pour 2015 dévoilé hier prévoit en effet un peu moins de 5 milliards d’euros de «produit des cessions, par l’État, de titres, parts ou droits de sociétés détenus directement». Sur cette somme, 1 milliard ira aux «opérations en capital intéressant les participations financières de l’État». La montée annoncée de l’Etat au capital d’Alstom pourrait par exemple entrer dans cette catégorie. Les autres 4 milliards d’euros seront affectés au «désendettement de l’État et d’établissements publics de l’État». L’Agence France Trésor les a déjà intégrés dans son plan de financement pour 2015.
Ces 5 milliards d’euros de produits de cessions paraissent particulièrement ambitieux. Ils représentent un peu plus de 6% de la valeur du portefeuille des participations cotées géré par l’APE. Même la cession de la totalité des 50,63% au capital d’Aéroports de Paris, évoquée hier par les analystes de Natixis, ne rapporterait que 4,7 milliards d’euros aux cours actuels. L’opération nécessiterait également un changement de la loi. Pour atteindre la somme espérée, l’Etat pourrait aussi mobiliser ses participations dans des entreprises non cotées, comme la Française des Jeux ou les aéroports régionaux, dont le processus de privatisation a été lancé. Mais, au mieux, ces opérations rapporteraient environ 1 milliard d’euros.
L’APE risque donc d’avoir à puiser le moment venu dans sa plus grosse participation: EDF. Les 84,49% au capital valent 40,4 milliards d’euros. La vente d’un peu plus de 10% du capital suffirait à récolter les 5 milliards d’euros visés. Un scénario extrême mais possible techniquement: la loi d’août 2004 oblige simplement l’Etat à conserver 70% du capital d’EDF.
Quoi qu’il en soit, l’Etat va devoir prouver son sérieux sur ce point ; 1,5 milliard d’euros du produit des participations financières sont allés au désendettement cette année. Une première depuis 2009. Dans son rapport sur le budget 2013 de l’Etat, la Cour des comptes rappelait que les lois de Finances prévoyaient au début de chaque année 4 milliards d’euros en faveur du désendettement. Mais l’engagement était ensuite à chaque fois annulé par les lois de Finances rectificatives.
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