L’année 2011 a modifié les perspectives d’investissement du secteur énergétique en Europe

L’Observatoire européen des marchés de l’énergie craint l’impact du ralentissement économique sur la sécurité d’approvisionnement de la région
Yves-Marc Le Reour

Le «printemps arabe» et la catastrophe nucléaire nippone ont transformé les perspectives d’évolution du mix-énergétique en Europe, souligne la 13ème édition de l’Observatoire européen des marchés de l’énergie publiée aujourd’hui par Capgemini. Outre des tensions sur le marché pétrolier, le soulèvement en Libye «entraîne pour l’Europe un déficit de livraison en gaz d’environ 3 milliards de m3 pour 2011 et de 1,1 milliard de m3 à l’horizon 2012», relève Colette Lewiner, directeur international du secteur énergie, utilities et chimie de la SSII.

Or le gaz devrait gagner en importance dans le mix-énergétique de certains pays comme la Suisse ou l’Italie qui ont imposé un moratoire sur le nucléaire après l’accident de Fukushima en mars dernier. Cela concerne encore plus l’Allemagne dont la dépendance vis-à-vis du gaz russe va s’accroître après sa décision de sortir totalement de l’atome d’ici à 2022. L’arrêt immédiat de 7 réacteurs, en privant le réseau de 8.000 MW, pourrait d’ailleurs compromettre la continuité de la fourniture de courant en Europe dès l’hiver prochain, puisque la France ne pourra plus importer d’électricité d’Allemagne en période de pointe comme elle en avait l’habitude.

Avant Fukushima, l’Union européenne avait estimé à 1.100 milliards d’euros les investissements nécessaires dans l’énergie d’ici à 2020, afin de respecter ses objectifs de diminution d'émission de gaz à effet de serre (20% de sources renouvelables dans la consommation finale d’énergie). Ce montant, qui devrait désormais constituer un plancher, pourrait en fait subir les effets négatifs liés à la réduction des déficits publics dans un contexte de faible croissance. «Durant les huit premiers mois de l’année, la consommation de gaz et d’électricité en Europe a diminué de respectivement 8,8% et 1,8% en rythme annuel non corrigé des variations de température, qui seraient responsables d’environ 5% de la baisse pour le gaz», indique Colette Lewiner.

Si le ralentissement économique contribuera à masquer ces effets négatifs à court terme, «l’impact à plus long terme sera encore plus important à cause du manque d’investissements durant la crise, notamment dans les énergies ‘décarbonées’, rendant la limitation de la hausse de la température globale et la continuité de la fourniture plus difficiles à garantir», en conclut Colette Lewiner.

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