L’AMF se penche sur l’intérêt d’Elliott Management pour APRR
Ouverture formelle d’une procédure de sanction, l’Autorité des marchés financiers (AMF) a envoyé entre Noël et le jour de l’an une lettre de griefs au gérant alternatif Elliott Management Corporation. Dans ce document, le régulateur français reproche à la filiale britannique du groupe dirigé par Paul Singer d'éventuels manquements lors de transactions sur le titre APRR entre le 28 mai 2010 et le 11 juin 2010.
Le fonds alternatif est suspecté d’avoir bénéficié de données non publiques lors de l’acquisition de titres avant de les revendre et d’engranger une plus-value d’environ 2,75 millions d’euros. Mi-juin, des fonds gérés par Elliott Management et Sandell Assett Management revendaient une participation de 13,73% dans APRR à la coentreprise Eiffarie (Eiffage et Macaquarie) pour un total de 854 millions d’euros. L’opération, conclue au prix unitaire de 55 euros, coupon attaché, devait notamment permettre au duo de se donner un peu de marge vis-à-vis des agences de notation. Mais l’opposition de plusieurs actionnaires, dont le conseil général de Saône-et-Loire, avait bloqué l’opération de retrait obligatoire de la cote. Fin novembre, la justice a donné raison en appel à Eiffarie et le dénouement pourrait intervenir en ce début d’année.
Dans un courrier transmis aux investisseurs, Elliott Management, qui était à l'époque conseillé par Nomura, juge la position de l’AMF «sans fondement et dénuée de preuve». La société assure qu’une «muraille de Chine» a été mise en place concernant APRR durant la période en question et selon une source proche citée par Bloomberg, pas un seul seul licenciement ou renvoi d’un collaborateur n’a été enregistré en lien avec ces transactions. Elle ajoute les achats de titres APRR s’inscrivaient dans le cadre d’une stratégie d’investissement à long terme et que ces opérations se sont étendues sur plus de 300 séances. Les points soulevés par l’AMF ne concernent que les onze derniers jours de ces 300 séances boursières, souligne la défense d’Elliott Management. Cette dernière sera «vigoureuse» et aucun coût, y compris une éventuelle sanction financière, ne sera supporté par les fonds gérés par Eliott Management.
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