L’AMF épingle la communication financière de la société de Luc Besson
Une nouvelle fois la commission des sanctions de l’AMF s’est penchée sur la question de l’articulation entre la violation d’une norme comptable et la bonne information du marché. En l’espèce le gendarme boursier fait grief à EuropaCorp, la société de production de Luc Besson, de ne pas avoir communiqué une information «exacte, précise et sincère» au sens de l’article 223-1 du règlement général de l’AMF dans ses comptes 2009 et 2010 et dans le communiqué du 15 avril 2010.
Elle reproche aussi aux commissaires aux comptes de l’époque, Ernst & Young et Ledouble, de n’avoir rien fait. Le Collège a proposé des sanctions pécuniaires de 300.000 euros à l’encontre d’EuropaCorp, et de 100.000 euros à l’encontre de chacun des deux commissaires aux comptes.
Le communiqué du 15 avril 2010 anticipait une marge opérationnelle «particulièrement réduite» sur l’exercice clos le 31 mars 2010. Or, le groupe a publié fin juin une perte nette de 9,8 millions d’euros, pour une marge opérationnelle de 6,2 millions (-78%), alors que le groupe n’avait jamais été dans le rouge depuis son entrée en Bourse. Selon le Collège, le groupe disposait d’informations précises, qui, si elles avaient été indiquées dans le communiqué, auraient permis aux investisseurs de comprendre que les résultats seraient négatifs. Pour la défense, ce communiqué est une simple alerte et non un profit warning, le groupe ne donnant jamais de prévision de résultats.
Sur les comptes 2009 et 2010, l’AMF a retenu trois griefs. D’une part, les règles de dépréciations des frais préliminaires (frais engagés au démarrage d’un projet de film) sont décrites comme objectives et mécaniques, mais sont «subjectives et laissent place à l’arbitraire», selon le rapporteur de la commission. D’autre part, le logiciel Lisa aurait dû être déprécié entièrement dès l’exercice 2009 et en vertu d’IAS 36 des tests de dépréciation auraient dû être réalisés. Enfin, les survaleurs sur Dog Productions auraient dû être dépréciées. Soit au total 5,9 millions d’euros de dépréciations qui auraient dû être passées dès 2009, selon le rapporteur du Collège, les comparant aux 9,4 millions de bénéfice net dégagés la même année.
Toutefois, le rapporteur de la commission des sanctions n’a retenu que le premier grief à l’encontre d’Europacorp, et demandé la mise hors de cause des commissaires aux comptes sur ce point.
Plus d'articles du même thème
-
Tégo divorce d'Allianz et AGPM
L’association souscriptrice des contrats d’assurance du secteur défense et sécurité, Tégo, créée à l’origine par Allianz et AGPM, se sépare de ses fondateurs sur l’emprunteur, mais aussi sur les contrats de prévoyance. -
Aviva Investors développe son offre de fonds monétaires tokenisés
Le gestionnaire d’actifs s’est associé avec Ripple pour lancer ses deux premiers fonds tokenisés sur le XRP Ledger. -
Revolut va intégrer le capital-risque à son offre d'investissement
La néobanque britannique lancera, en 2027, une plateforme d'investissement baptisée Revolut Ventures pour permettre à ses clients d'investir dans des entreprises technologiques non cotées.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
« De qui se moque-t-on ? » : le ton monte entre la grande distribution et les industriels
Mercredi 28 octobre, les industriels de l’agroalimentaire et enseignes de la grande distribution sont invités au ministère de l’Économie et des Finances pour préparer les négociations commerciales annuelles, qui commenceront en décembre -
« Ça rend complètement dingue mon équipe » : Raphaël Glucksmann et le dilemme de TikTok
Fervent détracteur de l’algorithme de TikTok, le candidat social-démocrate refuse de faire campagne sur la plateforme chinoise… et s’y retrouve très largement moqué. -
« On n'avait pas assez anticipé » : Emmanuel Macron esquisse un mea culpa sur les violences du 17 octobre
Après plusieurs semaines de colère lycéenne rejointe par les voix des gilets jaunes et des syndicats, l’exécutif est sur le pont. Le président de la République s’est déplacé lundi 26 octobre à Marseille. La cité phocéenne a été, au même titre que la capitale et d’autres villes françaises, le théâtre de débordements chaotiques en parallèle des manifestations du 17 octobre 2026.