L’ambiance est retombée pour les ventes de blocs
Le premier placement de titres Elior depuis l’introduction en Bourse du groupe de restauration concédée ne fera pas référence. Le cours de l’action a chuté de 6,47% jeudi dernier, pour finir à 15,90 euros, tout juste au-dessus du prix de cession des 16,4 millions de titres vendus par Charterhouse. Après la constitution accélérée d’un livre d’ordres par Deutsche Bank et JPMorgan, deux des coordinateurs globaux de l’IPO d’Elior en juin, le prix du placement avait été fixé à 15,5 euros, soit avec une décote de 8,8% par rapport à la clôture précédente. L’IPO avait été réalisée à 14,75 euros. Le bloc représente 10% du capital du groupe.
«Les hedge funds ont profité d’un marché devenu beaucoup plus difficile ces derniers jours pour tirer le prix vers le bas», explique un banquier. Selon lui, le parcours boursier décevant d’Elior après son IPO, avec une chute de 15% du titre dans les 2 mois suivant la cotation, a également pesé dans l’esprit des investisseurs. Enfin, la nature du vendeur a pu jouer, les acheteurs se montrant parfois plus agressifs sur le prix avec les fonds d’investissement qu’avec les actionnaires industriels. Le placement d’actions Evonik réalisé jeudi par le fonds CVC tend néanmoins à démentir cet argument. L’opération s’est nettement mieux déroulée, avec une décote de seulement 1,25%.
Pour Klépierre, troisième placement de bloc réalisé jeudi, le bilan s’est révélé relativement proche des standards du marché. Le vendeur, BNP Paribas, a consenti une décote de 4,5%, proche de la moyenne de ces derniers mois. Les titres du groupe de centres commerciaux ont été vendus à 39,60 euros. Jeudi soir, le cours de Klépierre a fini à 40,45 euros, en baisse de 2,45%. Selon une source, «le livre d’ordres était majoritairement composé de fonds long only, notamment immobiliers, ce qui a permis de contenir la décote».
Les tensions persistantes avec la Grèce et le décrochage du marché obligataire ont réduit la visibilité à court terme des investisseurs. Charterhouse, CVC et BNP Paribas ont donc profité de l’ouverture de la première fenêtre de cession, une fois les résultats trimestriels passés, pour placer leurs blocs et respecter l’adage «sell in may and go away...».
Plus d'articles du même thème
-
« La prudence des investisseurs sur les actifs français peut durer jusqu’au printemps »
Julien-Pierre Nouen, directeur des études économiques et de la gestion diversifiée, Lazard Frères Gestion. -
Moody's épargne la France en maintenant sa note inchangée
Alors que beaucoup pronostiquaient une dégradation de la note de la France par Moody's, l'agence de notation l'a laissée inchangée, anticipant une réduction du déficit en 2027. -
La correction sur les actions pèse sur l’or
Le métal jaune n’a pas joué un rôle d’actif refuge dans la récente baisse, contrairement aux emprunts d’Etat américains et allemands, mais plutôt de source de financement des pertes sur d’autres actifs. Il est également affecté par les taux élevés, perdant près de 15% depuis fin août.
ETF à la Une
La collecte des ETF obligataires bondit de 60% début octobre en Europe
- Une panne de Google Cloud a paralysé Revolut et d'autres banques plusieurs heures
- La Société Générale rend 54 salariés de sa filiale titres à UniCredit en Italie
- Les OAT décrochent après les troubles en France
- Banquiers et assureurs activent les mesures d’urgence post-mouvements sociaux
- Bred Banque Populaire rachète des activités d’Oddo BHF en Allemagne
Contenu de nos partenaires
-
François Heilbronn : « L’antisémitisme est devenu une opinion parmi d’autres »
Le professeur affilié à Sciences Po, aussi membre du Crif, regrette l’absence de « conséquence politique négative apparente » après les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella -
Guerre en Ukraine : le ministre de la Défense ukrainien confirme le retour à la normale de Starlink
« Nous enregistrons des vitesses supérieures à 400 km/h et la connexion est stable », s’est réjoui Ievheni Khmara, samedi 24 octobre. Le mystère règne sur le commanditaire du ralentissement de la connexion des équipements ukrainiens au réseau satellitaire -
Tirs à Trappes et à La Verrière : Macron dénonce un « attentat » commis « sur la base d’une idéologie raciste »
Pour le président de la République, la nation est à « un tournant parce que c’est la première fois qu’il y a un acte terroriste planifié pour tuer nos compatriotes, nos enfants, à raison de leur couleur de peau ou de la religion qu’on leur donne ». Des propos critiqués par Jordan Bardella, Jérôme Guedj ou encore Sarah Knafo