Lafarge se rapprochera de son objectif de désendettement à fin 2014

Les frais liés à la fusion avec Holcim avoisineront 80 millions d’euros sur l’ensemble de l’exercice, contre 47 millions à fin septembre.
Yves-Marc Le Réour

Tablant sur une activité qui restera relativement dynamique dans de nombreux marchés émergents, Lafarge a maintenu hier sa prévision d’une croissance de 2% à 5% de la demande mondiale de ciment cette année, après une baisse de 3% des volumes enregistrée en 2013. Au troisième trimestre, son chiffre d’affaires a reculé de 2% à 3,6 milliards d’euros, pénalisé par une dégradation du contexte économique en Europe, notamment en France, et par une forte baisse des volumes en Irak. Ses ventes ont augmenté de 2% hors effets de périmètre et de changes.

L’excédent brut d’exploitation (EBE) a reculé sur la période de 4% en données publiées à 887 millions d’euros (+2% sur une base comparable), un niveau conforme aux attentes des analystes. Le bénéfice net a chuté de 28% à 218 millions, les plus-values de cessions réalisées l’an dernier à la même époque ayant gonflé la base de comparaison. Retraité de ces éléments et des coûts engagés pour la fusion en cours avec Holcim, le bénéfice net ressort stable. Le directeur financier Jean-Jacques Gauthier a précisé que les frais liés à cette fusion ont atteint 47 millions d’euros à fin septembre et qu’ils seraient proches de 80 millions sur l’ensemble de l’exercice.

«Dans un trimestre marqué par une croissance plus modérée, nous avons poursuivi la mise en œuvre de nos actions visant à diminuer l’endettement, réduire les coûts et favoriser la croissance par l’innovation», a commenté le PDG de Lafarge Bruno Lafont. Le groupe estime donc être en mesure de générer un EBE additionnel de 600 millions d’euros cette année et de 550 millions à l’horizon 2015. La priorité donnée aux cessions d’actifs directement liées à la fusion avec Holcim a cependant conduit le cimentier français à reléguer au second plan son objectif propre de désendettement. Il visait jusqu’ici une dette nette inférieure à 9 milliards d’euros à fin 2014, contre 10,3 milliards au 30 septembre dernier.

Bruno Lafont estime que le groupe va se rapprocher de cet objectif au quatrième trimestre, sans toutefois l’atteindre étant donné qu’il a été décidé «de faire une pause sur certains désinvestissements». En intégrant les 900 millions d’euros de cessions que Lafarge compte sécuriser au quatrième trimestre, sa dette nette pourrait être estimée à environ 9,4 milliards au 31 décembre prochain.

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