L’Adam monte au créneau sur le dossier Stallergenes-Greer
La tension monte autour du rapprochement entre Stallergenes et Greer. Mandatée par plusieurs fonds actionnaires de Stallergenes, Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (Adam) vient d’écrire à l’AMF.
D’une part, elle prie le régulateur de demander à Arès Life Science de donner aux actionnaires et au marché «dans les meilleurs délais» toutes les informations sur Greer afin d’apprécier la parité projetée en toute connaissance de cause. Le 3 mars dernier, le laboratoire français détenu à 77,3% par Ares Life Sciences (Ares) a annoncé le projet de rapprochement avec l’américain Greer, détenu à 100% par Ares, au sein d’une nouvelle entité britannique Ares Allergy Holding, sur la base d’une parité 60-40%, alors que le rapport de chiffre d’affaires 2014 est de 76-24%. Aucune information n’est donnée sur la rentabilité de Greer. La parité a fait grincer les analystes. Toutefois, Patrick Langlois, président du conseil d’administration de Stallergnes, confiait fin mars à L’Agefi que ces modalités «ne sont pas définitives». D’ailleurs, le comité des administrateurs indépendants – dont la qualité d’indépendant est contestée par Colette Neuville – a promis de faire mi-avril un point sur l’avancée des travaux.
D’autre part, l’Adam demande au régulateur de veiller à ce que le calendrier de l’opération «tienne compte des délais de mise à disposition des informations sur Greer». En tout état de cause, Colette Neuville demande que les informations sur Greer soient données aux experts et au marché, afin qu’analystes et actionnaires puissent adresser leurs observations aux experts, avant qu’ils rendent leurs travaux.
Enfin et surtout, Colette Neuville demande à l’AMF de refuser la demande de dérogation au dépôt d’une offre publique de retrait. Et au contraire «de décider de la nécessité d’offrir une sortie aux minoritaires en préalable à une opération qui, en l’état – c’est-à-dire avec la parité annoncée – lèse leurs intérêts et en tout état de cause accroît très dangereusement le risque de retrait obligatoire».
Alors que la transposition en droit français de la directive européenne sur les fusions transfrontalières ne prévoit pas de dispositions particulières en faveur des minoritaires, l’Adam rappelle que l’article 236-6 du règlement général de l’AMF dispose qu’en cas de fusion entre deux sœurs, l’AMF «décide s’il y a lieu à mise en œuvre d’une offre publique de retrait».
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