L’actionnariat salarié recule en Europe continentale
En temps de crise, l’actionnariat salarié constitue « un formidable moteur de participation aux résultats et à la croissance, s’est félicité hier Marc Mathieu, secrétaire général de la Fédération européenne de l’actionnariat salarié (FEAS), en présentant son étude annuelle. Les avoirs par personne ont plus que doublé depuis 2009 ». En 2015, les 8 millions d’actionnaires salariés en Europe – dont plus de 3 millions sont des Français et 2,5 millions des Britanniques – détiennent 370 milliards d’euros, soit plus de 3% du capital (5,5% en France) des 2.600 plus grandes entreprises européennes. Soit en moyenne 45.000 euros par personne, et 25.000 euros hors dirigeants. Les salariés (hors dirigeants) détiennent en moyenne 1,8% du capital, mais 4% en France, le taux le plus élevé d’Europe.
Désormais 93% des grandes entreprises ont un plan d’actionnariat salarié (contre 75% en 2006), et 53% (82% en France) le proposent à tous les salariés (40% en 2006). En 2015, comme les années précédentes, 29% de ces sociétés ont lancé un nouveau programme.
Ce tableau est toutefois loin d’être homogène, en raison des politiques incitatives ou restrictives menées par les pouvoirs publics. Si le Royaume-Uni et l’Autriche ont doublé les incitations fiscales pour l’actionnariat salarié, l’Allemagne est toujours réticente, tandis que la France, les Pays-Bas et le Danemark ont préféré promouvoir la consommation des ménages plus que l’épargne. Ainsi, 28% des salariés britanniques sont actionnaires de leur entreprise (contre 25% en 2013), mais seulement 21% des salariés en Europe continentale (contre 25% en 2011). En quatre ans, le nombre d’actionnaires salariés a progressé de 10% (+200.000 personnes) en Grande-Bretagne, mais reculé de 10% (-700.000 personnes) en Europe continentale. Même en France, pourtant très attachée à ce statut, le nombre recule de 8%.
Par ailleurs, l’étude constate que les salariés siègent au conseil d’administration ou de surveillance dans plus d’une société sur cinq en Europe (une sur trois en France). En revanche les salariés actionnaires ne sont représentés que dans 1,7% des conseils en Europe, mais dans 13% en France.
Dans la plupart des pays, aucune discrimination n’est faite en termes de droits de vote des actionnaires salariés, alors que les Français bénéficient de droits de vote double au bout de deux ans de détention au nominatif. En Scandinavie (hors Norvège), en Suisse et en Allemagne, les salariés n’ont que des actions à faible vote.
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