L’actionnaire de référence Jaccar défend son projet d’OPA sur Bourbon

L’OPA de la holding de Jacques de Chateauvieux ouvre aujourd’hui et doit lui permettre de prendre la moitié du capital
Olivier Pinaud
Bourbon. Capture écran.
Fixée à 24 euros par action, l’OPA vise en réalité 45% du capital de Bourbon. Capture écran.  - 

Menacée d’échec, l’offre d’achat sur le Club Méditerranée montre la difficulté à constituer actuellement des blocs majoritaires en Bourse. Si l’opération envisagée par Jacques de Chateauvieux, le président et premier actionnaire de Bourbon, est légèrement différente, le dirigeant veut convaincre de son intérêt au moment où le groupe de services maritimes pour les compagnies pétrolières prépare une phase de transformation.

«Ce n’est pas un raisonnement financier et nous ne cherchons pas à exproprier les actionnaires», assure à L’Agefi Jacques de Chateauvieux. Selon lui, la montée au capital doit permettre d’«aborder la nouvelle étape de la vie de Bourbon avec tous les facteurs du succès entre les mains et passer d’un actionnariat d’influence à un actionnariat de contrôle».

Fixée à 24 euros par action, l’offre vise en réalité 45% du capital de Bourbon. Jacques de Chateauvieux, qui détient 26% de la société via sa holding Jaccar, ainsi que des membres de sa famille et des salariés représentant 25% du capital, n’apporteront pas leurs titres. Jaccar devra donc convaincre environ la moitié du capital concerné pour atteindre le seuil de réussite fixé à 50%. En cas d’échec, Jaccar conclurait un pacte avec les holdings d’Henri de Chateauvieux. Ensemble, les deux frères détiendraient alors de concert environ 35% du capital.

A 24 euros, la porte de liquidité offerte aux minoritaires suffira-t-elle à les convaincre? Jacques de Chateauvieux rappelle que le prix offre une prime comprise entre 17% et 24% selon la période de référence retenue. S’il juge l’opération équitable, KPMG, l’expert indépendant mandaté, est plus mesuré. Il note que le prix de 24 euros ressort dans le bas de la fourchette de valorisation déterminée par la méthode d’actualisation des cash-flows (DCF) et qu’il ne tient pas compte des nouvelles initiatives de croissance identifiées au cours du séminaire stratégique de mars 2014. Leur intégration dans un scénario plus optimiste conduit à une valorisation par les DCF de 33,6 euros par action. Ces perspectives ne seront dévoilées aux actionnaires que fin 2014. Hier soir, le cours s'élevait à 23,83 euros.

Enfin, cette montée au capital est «un atout potentiel dans la perspective d’une possible cotation à terme de Jaccar ou d’une branche Oil & Gas à créer», ajoute l’expert indépendant. L’IPO de Jaccar pourrait intervenir après 2015. De quoi donner à l’OPA sur Bourbon des allures d’opération financière.

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