L’actionnaire de référence Jaccar défend son projet d’OPA sur Bourbon
Menacée d’échec, l’offre d’achat sur le Club Méditerranée montre la difficulté à constituer actuellement des blocs majoritaires en Bourse. Si l’opération envisagée par Jacques de Chateauvieux, le président et premier actionnaire de Bourbon, est légèrement différente, le dirigeant veut convaincre de son intérêt au moment où le groupe de services maritimes pour les compagnies pétrolières prépare une phase de transformation.
«Ce n’est pas un raisonnement financier et nous ne cherchons pas à exproprier les actionnaires», assure à L’Agefi Jacques de Chateauvieux. Selon lui, la montée au capital doit permettre d’«aborder la nouvelle étape de la vie de Bourbon avec tous les facteurs du succès entre les mains et passer d’un actionnariat d’influence à un actionnariat de contrôle».
Fixée à 24 euros par action, l’offre vise en réalité 45% du capital de Bourbon. Jacques de Chateauvieux, qui détient 26% de la société via sa holding Jaccar, ainsi que des membres de sa famille et des salariés représentant 25% du capital, n’apporteront pas leurs titres. Jaccar devra donc convaincre environ la moitié du capital concerné pour atteindre le seuil de réussite fixé à 50%. En cas d’échec, Jaccar conclurait un pacte avec les holdings d’Henri de Chateauvieux. Ensemble, les deux frères détiendraient alors de concert environ 35% du capital.
A 24 euros, la porte de liquidité offerte aux minoritaires suffira-t-elle à les convaincre? Jacques de Chateauvieux rappelle que le prix offre une prime comprise entre 17% et 24% selon la période de référence retenue. S’il juge l’opération équitable, KPMG, l’expert indépendant mandaté, est plus mesuré. Il note que le prix de 24 euros ressort dans le bas de la fourchette de valorisation déterminée par la méthode d’actualisation des cash-flows (DCF) et qu’il ne tient pas compte des nouvelles initiatives de croissance identifiées au cours du séminaire stratégique de mars 2014. Leur intégration dans un scénario plus optimiste conduit à une valorisation par les DCF de 33,6 euros par action. Ces perspectives ne seront dévoilées aux actionnaires que fin 2014. Hier soir, le cours s'élevait à 23,83 euros.
Enfin, cette montée au capital est «un atout potentiel dans la perspective d’une possible cotation à terme de Jaccar ou d’une branche Oil & Gas à créer», ajoute l’expert indépendant. L’IPO de Jaccar pourrait intervenir après 2015. De quoi donner à l’OPA sur Bourbon des allures d’opération financière.
Plus d'articles du même thème
-
Boeing n’a pas surmonté tous ses obstacles dans l’aviation civile
S’il a réduit son endettement net à fin septembre, le groupe aéronautique peine toujours à augmenter le rythme de production de ses appareils monocouloirs 737 Max. -
Les salariés des caisses régionales du Crédit Agricole obtiennent près de 2,2% d’augmentation
Dans le sillage de la hausse collective accordée par BNP Paribas à la plupart de ses salariés, les banques régionales de la banque verte se montrent nettement plus généreuses que l’an dernier. -
Dans la tech, la dette ne s'envole pas chez tout le monde
Alors que la course à l’intelligence artificielle fait rage, la plupart des géants de la tech empruntent comme jamais dans leur histoire pour financer des investissements mirobolants. Par choix ou grâce à leur modèle, certains se montrent toutefois moins dispendieux.
ETF à la Une
Amundi commercialise ses premiers ETF actions gérés activement
- Le diable se cache dans les détails, Safran l'apprend à ses dépens
- Le taux souverain français dépasse 5%
- Les banques françaises restent très dépendantes de leur marché domestique
- Les autorités françaises publient leurs propositions sur le règlement européen MiCA
- La croissance d'Hermès ralentit et son titre plonge
Contenu de nos partenaires
-
Tout est pardonnéIran : les puissances régionales se débrouillent sans Donald Trump
De hauts représentants de l'Arabie saoudite, du Pakistan et de la Turquie se sont rendus ensemble à Téhéran pour dialoguer directement et ouvertement avec le régime iranien -
MitigéFrance 2030 : trop de subventions, pas assez de stratégie d'après la Cour des comptes
Les magistrats de la rue Cambon saluent la rapidité d'exécution du plan massif d'investissement en cours de déploiement, mais soulignent aussi ses défauts stratégiques -
Mauvais endroit, mauvais momentLoi casseurs-payeurs : la fin de l'impunité ?
Responsabilité collective, sanctions sur les prestations sociales, contrôle des contenus en ligne : la loi, examinée au Sénat, promet fermeté et autorité. Mais elle bouscule aussi la liberté de manifester