L’accord avec Bouygues Telecom donne plus de valeur à SFR
SFR ne dévie pas de sa route, malgré les appels du pied de Numericable et de son premier actionnaire Patrick Drahi. «Nous sommes bien avancés dans le spin-off», affirme Jean-Yves Charlier, le PDG de SFR, selon lequel la scission est le seul scénario étudié par Vivendi. Si tout va bien, la première cotation de l’opérateur de télécoms pourrait intervenir le 1er juillet, une fois le projet voté en assemblée générale.
Le schéma retenu par le conseil de surveillance de Vivendi prévoit de distribuer les actions SFR aux actionnaires du groupe de médias. Le processus est dirigé par la Société Générale et Citigroup avec BNP Paribas, BoA Merrill Lynch, Goldman Sachs et Lazard en appui.
Le ratio de distribution des actions SFR dépendra de la valeur estimée de l’opérateur de télécoms au moment de la scission. L’accord de partage de réseau de téléphonie mobile annoncé vendredi soir avec Bouygues Telecom, et détaillé hier par les deux opérateurs, joue en faveur de SFR. A partir de 2018, l’accord permettra à SFR de réaliser 200 à 220 millions d’euros d’économies par an, soit 13% de ses charges de réseaux actuelles. «Même si le marché français des télécoms reste difficile, la dynamique actuelle et le partage de réseau font de SFR un actif stratégique de valeur», estiment les analystes de Deutsche Bank qui chiffrent à 1 milliard d’euros la création de valeur nette actualisée de l’accord avec Bouygues Telecom.
L’aspect spéculatif de SFR entre également en ligne de compte, l’accord avec Bouygues n’empêchant pas un rachat de l’opérateur. Un rapprochement avec Numericable créerait plus de 1,5 milliard d’euros de valeur, selon Exane BNP Paribas. Les analystes de Raymond James sont légèrement plus optimistes avec 1,7 milliard. Ajoutés à la valeur centrale de SFR, estimée à 10,7 milliards d’euros par Exane BNP Paribas, soit 4,4 fois un Ebitda stabilisé autour de 2,4 milliards d’euros, ces éléments pourraient porter la valeur totale de l’opérateur entre 13 et 14 milliards d’euros, dette comprise.
Sur ce dernier point, Vivendi a indiqué que son objectif est de garder la notation de SFR en catégorie «investissement», ce qui signifie de maintenir une dette nette comprise entre 2 et 2,5 fois l’Ebitda. Dans leur modèle, les analystes de Barclays fixent le niveau de dette à 4,9 milliards d’euros fin 2014.
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